‹ Capvern: ses eaux minérales, applications thérapeutiquesChapitre 32 sur 58 · CAPVEBK. — SES EAUX MINÉRALES · texte numérisé non relu

CAPVEBK. — SES EAUX MINÉRALES

plus son âme ! Le sourire et la note joyeuse n'errent plus sur ses lèvres décolorées. Pourquoi, silencieuse, fuit-oile ses compagnes, ta pauvre lille? Son front penche, à quinze ans, même sous le baiser de sa mère. Voyez comme tout lui pèse ; un mouvement la fatigue, la promenade l'essouffle. Si elle gravit une côle, la tête lui tourne, ses oreilles bourdonnent, son cœur palpite jusqu'à l'étouffement. A la table de famille, sou estomac se gonfle, s'insurge, et elle a des convulsions, elle a des caprices el des dégoûta ; un? cuillerée de potage lui donne des pesanteurs, des angoisses et dos douleurs atroces. Ses forces déraillent, et ses nerfs aussi. Le travail la brise ; la distraction l'importune. La nuit elle veille, ou bien son sommeil n'est qu'un cauchemar. Elle grelotte sous les rayons les plus ardents. A tout propos, ce sont des frisonnemeuts, des ennuis, des craintes sans motifs. Elle a mal au cœur; elle a mal à la tête, aux bras, aux jambes, elle a mal partout! Aux heures critiques où la fonction physiologique de l'utérus s'exerce, quand elle s'exerce, les tortures augmentent, iout s'aggrave encore. Ce sont tranchées, tremblements, sueurs froides et mouvements convulsifs! Ce sont encore exagérations sanguines qui l'achèvent. Quel est donc ce souffle brûlant qui flétrit ainsi cette fleur, à sou matin ! Quel poison s'est glissé dans les veines de la jeune fille rosel D'où

le] réi

CHLOROSE, .WÉMIE, TIYDROPISIES.

iennent toutes ces perturbations, tous ces lents, toutes ces perversions des fonctions or- .niques 1 Eh! mon Dieu, tout cela vient de la blesse, de la pauvreté du sang, tout cela vient de chlorose.

Il ne faut pas croire que toutes ces expressions

m ploma tiques de l'ébauche que nous venons do

re de la chlorose confirmée, se trouvent toujours

unies chez le mémo sujet soit au début, soit dans

cours de ceitc affection. « La maladie ne se montre

toujours avec cet ensemble, et bien souvent,

le plus souvent même, elle ne se révèle que par la

union de quelques-uns de ces symptômes. La

.rase symptoma tique est incomplète, pour nous

rvir de l'heureuse expression de M. Réeanikr ;

, toute incomplète qu'elle est, il faut la com-

piomJre, sous peine de n'attaquer jamais le fond de

la maladie et de ne lutter que contre un accident

l'on pourra conjurer un instant, mais ri tir se

^produira bientôt avec autant d'intensité qu'aupa-

ant et sous une autre forme, sinon sous la même.

décoloration du sang et par conséquent celle de

peau et des membranes muqueuses, psut exister

a sans autre accident que l'anhélation et les

^sordres circulatoires. Cette forme est, la plus simple.

la reconnaît aisément ; elle se guérit avec facilité,

is assez souvent, avant que la décoloration ne soit

BK OAMBBN. - SES EAt'X MINÉHALES.

arrivée à son summum, les symptômes ordinaires rie la chlorose, tels que les accidents nerveux, les névralgies, les troubles dans la digestion, dans le flux menstruel, apparaissent ensemble ou isolément, et alors le vulgaire des médecins, qui a besoin pour juger, de la somme des éléments du diagnostic, méconnaît la chlorose, qui, pour- être moins complète, n'en est pas moins réelle. » (Trousseau et Pidoux, Traité de thérap., tome I, page 17).

On comprend qu'il est de la dernière importance de bien saisir la signification des symptômes initiaux de la chlorose et do ne pas les confondre avec ceux de quelque lésion viscérale, car cette erreur funeste ferait perdre un temps précieux, pendant lequel l'affection chlorotiquB poursuivrait sa marche et s'aggraverait même, sous l'influence d'une médication intempestive. La chlorose, à son début, se guérit aisément avec du fer et une bonne hygiène. Elle se montre, au contraire, fort tenace, lorsqu'elle est arrivée à ce degré de cachexie chLorotiquc, dont le fer lui-même ne parvient pas à triompher.

Le fer, on le sait, est d'une grande utilité dans le traitement de la chlorose, mais il n'en est pas le spécifique ahsolu ; certaines chloroses liées à la scrofule, à l'berpétisme, etc, s'accommodent mal de l'administration des martiaux. On n'ignore pas non plus que quelquefois la chlorose, à sa première phase,

CHLOROSE, ANÉMIE, HÏDROHSIES. 2!>7

guérit sans le secours des ferrugiueux, sous l'influence d'une excellente hygiène, améliorant et activant la nutrition et l'hématose.

Cependant, en dehors de ces chloroses symptomatiques d'une diathëse latente, les préparations ferrugineuses doivent être la hase de la thérapeutique de la maladie qui nous occupe. Si le sang est pauvre chez les chlorotiques, c'est parce qu'il y a décoloration, diminution des globules et du fer; on remédieà cette pénurie sanguine qui plonge tout le système dans les perturbations les plus profondes, en restituant au fluide nourricier les éléments qui lui font défaut. « Or, disent MM. Trousseau et Pidoux (loc. cit.), sous l'influence des martiaux, l'organisme recouvre l'énergie de ses fonctions végétatives; et la force plastique ainsi res!aurée augmente la proportion du fer, comme celle de beaucoup d'autres matériaux dont l'organisme était appauvri. » Doue, l'indication du fer est capitale dans la chlorose, ais elle n'est pas la seule. H convient de soustraire les chlorotiques au milieu, aux habitudes qui ont contribué au développement de leur maladie. On doit surtout poursuivre la réhabilitation de leurs fonctions digestives, car, sans cette réhabilitation, la cure n'est pas possible. Sans doute, le fer, par son nfluence tonique, peut la favoriser; mais pour cela 1 faut qu'il soit accepté lui-même par i'ectomac et

assimilé; malheureusement il n'en est pas toujours

Oui, il faut faire manger et digérer les chlorotiques, c'est le seul moyen de préparer un bon chyle et une moilleure hématose. Seulement, ce résultat si désirable ne s'obtient pas toujours avec facilité; el nous avons vu des susceplibifités gastriques qui WBdaient impossible l'alimentation la plus homéopathique, et qui étaient même réfractaires au fer, pourtant si nécessaire.

On voit de suite les services que rend aux chlorotiques l'oau minérale de la Hount-Caoute. Nous avons dit, au chapitre relatif aux dyspepsies, son efficacité incomparable dans les troubles des fonctions digestives. Nous savons combien l'estomac la digère avec facilité, et nous pouvons répéter ici, sans crainte d'être démenti, qu'aucune eau ne lui est supérieure lorsqu'il s'agit d'exalter l'appétit et de rétablir la digestion.

La petite quantité de sous carbonate de fer que cette eau tient en dissolution est-elle étrangère à son action tonique et n'exerce-t-elle aucune influence sur la reconstitution du chiffre des globules? Ce n'est pas probable.

Qu'on n'objecte pas la proportion peu considérable de sel ferreux qui figure daus sa composition chimique ; car nutpraticien n'ignore combien certains

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