CHAPITRE XI
CLINIQUE DU BOURIDÉ
Dans le chapitre de notre monographie sur Capvero^ où noiré avons étudié les effets physiologiques et thérapeutiques de nos deux sources, nous avons donné, d'après l'observation clinique, les indications de la source tempérante et sédative du Bouridé. Nous avons redit, avec le docteur Taillade, que ces eaux calmantes réussissent le plus souvent contre l'exaltation de la sensibilité, quand celle-ci est essentielle et qu'elle domine les autres éléments de la maladie.
Les observations que nous allons produire ici seront une preuve de la vérité de notre assertion, et nous allons montrer successivement l'efficacité de cette eau minérale dans le traitement des névralgies, de la danse de Saint-Guy et du rhumatisme nerveux.
1° Névralgies,
hystérie, danse de Saint-Guy.
comme on sait, sont fort communes, très-douloureuses et malbeureusement /or rebelles aux médications si nombreuses et si variées que l'on dirige contre elles. L'hydrothérapie et 1 eaux minérales sédatives sont encore les moyens les plus puissants que la médecine puisse leur opposer. Si les névralgies codent parfois rapidement à leuj début, il n'en est plus ainsi lorsqu'elles sont de longue durée, lorsque, de locales d'abord, elles se sont généralisées, et qu'elles sont devenues ce qu'où est convenu d'appeler un état nerveux, une névropathie générale. On sait tous les malaises, toutes let> souffrances, toutes les angoisses, tous les découragements que l'on rencontre sous cette appellation.
L'hydrothérapie, ainsi que nous venons de le dire, est certainement la médication qui réussit le mieux dans le traitement de ces affections désespérantes pour le malade et le médecin. Mais elle n'est pas toujours convenablement supportée par certains sujets, dont l'état s'aggrave quelquefois sous l'influence de son action révulsive énergique, Nous avons soigné àCapvern de nombreux uévropathiques qui avaient été condamnés à y renoncer, et dont
CLINIQUE DU BOMHJJK l'état s'améliora rapidement sous l'action des bains sédatifs :lo Bouridé. Le traitement que nous faisons subir à ces malades consiste eu bains tempérés plus ou moins prolongés suivant le cas, en douches verticales en pluie, de courte durée, d'abord tempérées, puis froides. Nous leur administrons en même temps l'eau de la Uount-Caoule en boisson, à doses peu élevées (un verre, deux au plus dans la matinée), et nous leur prescrivons les distractions de la promenade au grand air. Nous avons ainsi assisté à do remarquables résurrections. Eli ! bien, nous ie disons avec la conviction qu'a mise eu nous l'expérience clinique: une cure à Capvern est encore une des meilleures médications (si ce n'est la meilleure) que l'on puisse diriger contre les uévropalhies, C'est dans ce vallon silencieux et saluhre, dans le voisinage de nos superbes Pyrénées, au fond de cette gorge si pleine de cette poésie dtt repos, que les malheureuses victimes de l'état nerveux trouveront le remède qui convient à leurs souffrances si cruelles et si variées. C'est au Bouridé qu'ils sentiront leurs nerfs se détendre et qu'ils verront se rétablir le jeu régulier des fonctions de l'organisme.
Nous avons soigneusement recueilli, dans le cours de notre pratique hydro-minérale, plusieurs cas de uévropaLhie générale heureusement modifiés sous l'Influence salutaire de hains calmants du Bouridé.
ÎW CÀPVERK. - SES EAUX MINÉBALBS,
Voici quelques-unes de ces intéressantes observation
que nous plaçons sous les yeux de nos lecteurs.
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•iO jours; -
■ion 1. — Névropathie générale; traitement - d'abord grande amélioration, puis guèrison.
M™* X..., du Lot-et-Garonne, âgée de 40 ans, vient Capvern, le l* r septembre 1871. Cette malade est d'un constitution foible cl d'un tempérament très-nerveux. Eli a eu de nombreuses coliques néphrétiques et a expulsé des concrétions de phosphate ammoniaco-magnésien, La fonc tion périodique de l'utérus s'exécute encore chez elle, mai d'une façon irrégulière, et. le sang est à peine coloré ; a de la leucorrhée.
Depuis plusieurs années, M™ X.,. souffre de douleur névralgiques générales, dont le siège et l'intensité son très-variables; c'est du côté de la tète qu'elles se port le plus souvent; et alors ce sont des douleurs tantôt con tusives, tantôt lancinantes, aux tempes, aux oreilles, a joues. La malade ressent, parfois îles palpitations de ca accompagnées d'essoufflement et même de syncopes; mai l'auscultation ne révèle aucune lésion organique. M mo X. se plaint d'engourdissements, de fourmillements dans k doigts des pieds et des mains, et accuse des picotements sur tout le corps. Parfois le ventre est le siège d'élancé ments très-aigus. Un jour ce sont des accidents gastn giques internes ; un autre jour ce sont des douleurs inter costales, hépatiques, utérines ou vésicalos intolérables L'appétit est capricieux et les digestions fort pénibles M™ X... a beaucoup maigri, et ses forces ont diminué, f caractère est devenu fort irascible; le sommed est à pi près nul. La malade se réveille en sursaut, épouvantée p des cauchemars; elle a des frayeurs que rien ne légitime elle est sans cesse en proie à une tristesse noire et pleure pour- le plus léger motif. II sufût d'une variation otiuos-
CLINIQUE DU fUiVRWÈ. M*
phérique pour provoquer une crise ou une fluxion dentaire très-douloureuse. Le pouls est petit et dcpressibte, L'examen le. plus attentif ne nous laisse aucun doute sut l'absence de toute lésion organique, soit du côté des centres nerveux, soit du côté des organes contenus dans la cavité abdominale.
Contre un pareil état, toutes les ressources de la médication calmante et anti-spasmodique ont été épuisées sans le moindre succès.
Prescription: Deux eu trois verres d'eau minérale de la Iiount-Caoute. Bains tempérés d'une heure au Bouridé; douches verticales en pluie- tempérées (& à 10 minutes de durée).
Sous l'influence de ce traitement hydro-thermal, qui l'ut 1res -exacte ment suivi pendant vingt jours, une amélioration d'abord peu sensible se déclara. La médication fut même interrompue vers le huitième jour de la cure par une recrudescence des symptômes névralgiques qui fut passagère. Mais, à partir de ce moment, le mieux marcha plus rapidement. Cependant, la guérison ne fut complète que lorsque M" 1 " X... fut rentrée chez elle. En effet, après son retour, les accès névralgiques diminuèrent de fréquence et d'intensité; l'hiver s'écoula sans grandes souffrances. Cette cure fit du bruit autour de M m «X... parmi les personnes de sa connaissance; Tannée suivante, en 1872, nous revîmes Bette malade à Capvern ; nous la irouvfiraes métamorphosée, elle avait pris de l'embonpoint: sa névrose avait été heureusement modifiée, et les douleurs névralgiques dont elle souffrait de temps en temps étaient fort supportables et ne se montraient .^uère qu'avec les brusques changements de la température, sans l'empêcher de se livrer h
s travaux d'intérieur.
n 11. — Céphalée opiniâtre: quatre années de
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