M CAPVERN. — SES EAUX MINÉRALES
concordent exactement avec celles do notre prédécesseur.
D'après le docteur Garrigou, voici quelle serait la composition chimiquede celle source (analyse en 1874):
„nuu 1JÉ
Traces
trèa-aensiMa
Douteux Trèn-sensible 0,0000276 Traces Sensible
Notable
Lorsqu'on jette un coupclYeil sur le tableau des analyses de nosdeux sources et qu'on les compare entre t. on rencontre des variations si peu sensibles dans leur composition chimique, qu'on dirait que les deux îaux ont été prises au même griffon. Et cependant quelle profonde différence entre les effets physiologiques et thérapeutiques produits par ces deux sources minérales. Certes, on ne se douterait point de ace, de l'énergie extraordinaire de l'eau de Hount-Caoute en lisant le bilan chimique qui établit minéralisation. Pourtant, l'observation clinique ppria que c'est là un médicament naturel, d'une très-grande activité, qu'il faut manier avec ! si on veut éviter des accidents souvent s-graves... Tant il est -vrai qu'il ne faut pas :ompter beaucoup sur les réactifs, les décompositions e la chimie pour nous donner l'explication du mode d'action d'une eau minérale.
M. le docteur Lamlu-on, dans son grand ouvrage nrlcs PijriUiêes et sur Us Eaux minérales de Ludion, mvrage qui restera comme un monument d'érudition e science, a démontré l'impuissance de la chimie tour expliquer ce mode d'action. Ces ligues de lotre confrère de Luchon nous ont paru si concluantes, que nous sommes heureux de les reprojire ici ; car elles traduisent notre pensée beaucoup mieux que nous ne pourrions le faire nous-même:
■2(i CAPVERN. - SES EADX MINÉRALES.
« La chimie, dit M. Larubron (page 512 de l'ouvrage cité), en 8 'efforçant de faire connaître tous les éléments qui entrent dans la composition des eaux minérales, a rendu eL rend chaque jour d'immenses services. La médecine lui doit, je me plais h le reconnaître, de précieuses indications pour la classification et pour l'application générale de ces agents hydro-thermaux; mais, eii dehors de cette action générale attribuée, avec des raisons plausibles, au principe qui domine daus l'eau et qui a servi à la l'aire ranger par son acide dans telle classe, et par sa hase dans telle sous-classe ou genre, ou aurait tort de vouloir rattacher la spécificité de certaines sources à la prédominance de tel ou tel des nombreux autres composés minéraux que la chimie croit y reconnaître et dont elle ne manque pas de nous dresser de longues listes. Tous ces composés: acides, alcalis, oxydes, sels solubles, sels insolubles, etc., ne sont-ils pas d'ailleurs de purs produits de l'esprit? Qui a jamais pu démontrer d'une manière palpable leur présence? On induit leur existence de ce que l'analyse trouve tels corps simples en proportion propre à former, en les combinant entre eux, tels ou tels composés minéraux, et delà ou conclut que ces acides,, ces hases, ces sels, etc., se trouvent aussi dans l'eau à l'état de produit chimique individuel, et que leur ensemble constitue l'espèce particulière d'eau rninéi
minérale.
» Voir ainsi dans une eau minérale une association d'un nombre plus ou moins considérable de produits chimiques distincts, bien dessinés, c'est une grande erreur. Une preuve irrécusable qu'on en peut donner, c'est que la chimie, en mélangeant i laboratoire, avec la grande expérience i|iM'|[r-' [>ossî;ili?, tous les éléments minéraux quelle a trouvés dans une eau, ne peut 'pas plus la recomposer qu'il lui est possible de refaire du vin, un fruit, un morceau de bois, une pierre,
» Il faut donc considérer tous les éléments qu'on trouve dans une eau minéralo comme combinés, non deux à deux, trois à trois, etc., mais tous ensemble, do manière à former de cette eau une individualité parfaitement distincte, tout aussi distincte et spéciale que les autres produits de la nature: un fruit, une pierre, du vin, etc., auxquels il serait impossible d'enlever une parcelle des éléments qui les composent, sans détruire l'harmonie de leur combinaison et, par conséquent, leur existence, " Moins d'un miHiàHt-, dit Guy ton de Morvuux, de » substance ajoutée ou soustraite dans une compo- » sitioii, y produit des changements de propriétés » notables. » On pourrait encore, si l'on préfère, considérer une eau minérale comme un amalgame liquide, composé â la manière des amalgames solides, d'éléments chimiques distincts, mais qui perdent,
par lo fait même do leur entrée dans cette combinaison réciproque, leurs propriétés particulières pour ne plus offrir que celles spéciales du corps nouveau produit de l'amalgame.
» Ce n'est plus doue à la chimie qu'il faut demander de quelle action spéciale sont douées les sources 'le telles ou telles stations thermales de la même classe, mais à l'observation clinique, c'est-àdire aux observations que fait le médecin sur les effets qu'elles produisent sur le corps humain et sur les maladies; en d'autres termes, sur leurs effets physiologiques et thérapeutiques. «
Ces savantes réflexions de l'inspecteur des Thermos de Lucliou doivent ôtre méditées avec soin pai ceux qui croient encore trouver, dans les laboratoires, le secret do l'action d'une eau minérale.