‹ Capvern: ses eaux minérales, applications thérapeutiquesChapitre 9 sur 58 · DYSPEPSIES (DIGESTIONS PÉNIBLES, LONGUES · texte numérisé non relu

DYSPEPSIES (DIGESTIONS PÉNIBLES, LONGUES

Dans le sens étymologique, dyspepsie veut dire digestion difficile. Nous donnerons avec les auteurs le nom de dyspepsie à la névrose de l'estomac caractérisée par un trouble prolongé des fonctions digestives, trouble accompagné d'un embarras gastrique ou intestinal, dont le résultat est une insuffisance de la nutrition. Selon qu'elle a pour siège l'estomac ou l'intestin, la dyspepsie est stomacale ou intestinale; mais cette distinction n'a pas la moindre importance au point de vue du traitement qui reste le même; aussi nous ne nous y arrêterons pas.

La dyspepsie est essentielle, sans altération organique appréciable, ou bien symptomatique, et, dans ce cas, elle est un épiphénomène d'une foule d'états morbides divers. Tout le monde sait qu'elle escorte

rhu rap

DYSPEPSIES

vent la chlorose, la goutte, l'herpétisme, les brouites chroniques, l'érésipèle phlogmoneux, la cougestion du foie, les affections des voies urinaires, le rhumatisme, etc.

est point ici le lieu de passer en revue toutes

causes qui peuvent engendrer la dyspepsie; car

causes sont excessivement nombreuses. Nous

rappellerons seulement que toutes les altérations du

suc gastrique, soit dans sa qualité, soit dans sa quan-

si que les violations des lois de l'hygiène,

nt des conditions favorables au développement

névrose: c'est ainsi que l'insuffisance, l'excès,

qualités, l'irrégularité de l'alimentation peuvent

le point de départ de la dyspepsie; les émo-

: morales vives, surtout les chagrins profonds

habituels, les travaux excessifs de l'intelligence,

vie sédentaire, l'abus des alcooliques, du thé, du

fé, l'usage immodéré du tabac à fumer, et des,

choses de Vénus, sont de fréquentes et puissantes

mses de dyspepsie. On a vu dus dyspepsies re-

suecédei' à des pertes considérables de sang,

si qu'à la sécrétion exagérée des mamelles rinv.

Laines nourrices. Qui n'a observé des dyspepsies

suite des Sèvres graves, ou sous la dépendance

diaihùivs goutteuse, rhumatismale ou herpétique?

habituellement le malade affecté de dyspepsie

.serve l'appétit ; seulement cet appétit est bizarre,

tii CAPVERN. — SES EAUX MINERALES,

capricieux; des aliments en petite quantité Buffieent pour le contenter; la satiété arrive rapidement. L'ingestion des substances alimentaires détermine de l'anxiété, de la pesanteur à îépigastre, qui se gonfle ; la digestion est longue, laborieuse ; les sujets ont des lj;iillemcnts, des éructations acides, rances, aigres. Cette sensation de plénitude à l'estomac persiste pendant quatre, cinq et six heures, et quelquefois plus longtemps. L'abdomen est méléorisé et la percussion lui fait rendre un son lympauique; ce inôtéorisjne est d'autant plus prononcé, que le BÎége de la dyspepsie se trouve dans l'intestin. Dans une certaine forme do cette névrose (dyspepsie jlaUu- Ictite), les malades rendent par l'anus une grande quantité de gaz. Il existe, dans la plupart des cas, une constipation opiniâtre, à laquelle succèdent de temps en temps des selles diarrhéiques dans lesquelles on retrouve des matières incomplètement digérées et qui sont précédées do coliques obtuses ; la langue, ordinairement nette, devient quelquefois saburrale ; la bouche est sèche et la salive visqueuse, le goût n'est pas altéré comme dans l'embarras gastrique; le vomissement est rare dans la dyspepsie, et, quand ii existe, il coïncide avec une douleur gastralgique à la région épigastrique, duo probablement à la présence dans l'estomac d'acides en excès. Tels sont, en abrégé, les symptômes qu'on ren-

dys

à la D

DYSPEPSIES. .65

nlrc dans la dyspepsie du coté du tubegastro-in-

istinal. Outre ces phénomènes, les malades se

.gnent de céphalalgie, de malaise général, de

blesse cl de douleurs dans les membres, surtout

les articulations. Le moindre exercice les

ligue et provoque des sueurs partielles. Ces sujets

t des frissons, le sommeil agité, peu réparateur,

sont enclins a la tristesse et se laissent dominer par

les plus sombres préoccupations ; il n'est pas rare de

les voir tomber en syncope, et de les entendre se

plaindre de battements irréguliers du côté de l'épi-

ou de palpitations à larégionprécordiale. Les

tyspeptiques ont encore une petite toux sèche, et tains d'entre eux ressentent des points douloureux la base du thorax (Névralgie intercostale).

Quand ces symptômes ont persisté pendant longtemps, les malades sont réduits à un épuisement :omplet; le sang s'appauvrit sous l'influence de l'al- .tion habituelle des fonctions digestives, et l'anéaire, la cachexie même se trouvent au lout de cetLe insuffisance dans la nutrition.

Tous les praticiens savent combien certaines dyspepsies, dans leurs formes et leur intensité iablea, altèrent la sanlé générale et résistentà clion des agents pharmaceutiques, surtoutdans les où l'on respire un air impur et méphitique ; ils vent aussi les heureuses modifications de cette

CAPYBRH. — SES EAUX MINÉRALES, névrose, quand elle est simple, modifications que l'on obtient rapidement par le changement d'air ni par l'action des eaux minérales. L'homme ne vit pas seulement de pain : il vit d'air, et tous les jours on voit des malades, que le trouble prolongé des fonctions digeslives a jetés dans l'affaiblissement et l'anémie, se remettre rapidement aussitôt qu'ils respirent l'air pur et fortement oxygéné de nos montagnes, sans cesse renouvelé parles courants atmosphériques, tt chargé des seuteurs vivifiantes des plantes et des sapins .

Combien de sujets dyspeptiques, soumis pendant des mois entiers à des traitements divers sans le' moindre résultat, retrouvent rapidement leurs bonnes digestions et leurs forces, quand ils s'éloignent du milieu où ils ont contracté leur affection pour venir prendre des bains dans le voisinage de nos monts ! On s'y refait vite la santé du corps et de l'esprit.

L'air libre et pur des montagnes suffit seul pour guérir leB dyspepsies légères, la plupart de celles qui sont deterniméts par une manière de vivre peu conforme aux lois de l'hygiène. On conçoit que ces dyspepsies soient favorablement modifiées par ces bains d'air si tonique pris chaque jour par des malades arrachés à leurs préoccupations habituelles, sur la crête de nos montagnes, dans nos fraîches vallées où courent dos eaux si limpides, ou face de cette

■ DÏSl'Ll'SJLS.

nature qui déploie partout ses merveilleuses ichesses et qui répand à profusion, sous les pas du îristeen extase, la verdure, les eaux et les fleura. Lorsque la dyspepsie de longue durée a entraide s elle une asthénie des organes digestifs, et que isuflïsance de la nutrition a eu pour conséquence 'appauvrissement du sang et l'épuisement des niaides; lorsqu'encore la dyspepsie est sous la dèpen- .nce de la chlorose, de l'anémie- ou d'un état tatuésiquo, l'air pur des montagnes seul ne saurait ■oduire la guérisou. Il faut alors que les eaux minérales lui prêtent leur concours si puissant, et la ïture de la dyspepsie devra en régler le choix.

les dyspepsies, l'eau minérale de Capvein it administrée en boisson, en bains et en douches, dont la température doit varier selon les cas. Ou connaît l'étroite sympathie qui existe entre l'estomac et la peau. Aussi l'excitation générale produite par les douches sur le légument externe favorise singulièrement le rétablissement des fonctions digestives. Voki quelques observations de dyspepsie que nous ;hoisissons parmi les nombreux cas qui se sont :ésenti's à nous pendant plusieurs années de pra- 3 thermale:

ation I. — Dyspepsie simple.

Maxanilrine T,,., do tturg (Haul.Hft-Pyrénéea), &gti

CAPVERN. — SES EACX MINÉRALES.

ans, est d'un tempérament lymphatique et d'une bonne constitution . A son arrivée à Gapvorn, qui a lieu le 15 mai 187Ï, sun état peut être résumé dans les symptômes suivants : l'appétit er-t nul, la langue est chargée, la bouche amere et piteuse. Après les repas, Aie Sandrine accuse de la pesanteur à l'épigastre, ses digestions sont longues. Il existe une constipation habituelle; la malade éprouve de l'essoufflement, surtout en montant les eûtes; sa menstruation est régulière, mais elle est très-peu abondante. Ce trouble de la digestion date d'un an. On lui a administré des purgatifs, des amers, et du 1er, sans que son affection ail ('té modifiée.

Nous lui proscrivons l'eau de flount-Caoute a la dose de truis verrêos en commençant (deux verréos le matin à jeun à demi-heure d'intervalle, et uno verras à quatre heures du soir), ot des bains tiède a nu Grand établissement.

Alexandrins T... est soumise durant quinze jours à ca traitement thermal; la dose de la boisson est progressivement élevée jusqu'à cinq vorrées. Et au bout de quinze jours la digestion devient meilleure et notre malade part très-améliorée.

Observation II. — Dyspepsie simple.

U..,, de Labassère (Hantes-Pyrénées), est âgé do &4 ans, d'un tempérament sanguin et d'une robuste constitution. Ce. malade, depuis deux ans, éprouve habituellement de l'anorexie ; pendant la digestion qui est laborieuse, i! rossent, uni; légère douleur à l'épigastre. Son estomac se gonfle et i! existe des renvois acides et une constipation opiniâtre. Les purgations, les alcalins et les amers qu'on lui a administrés sont restés sans résultat favorable.

Mous prescrivons à G... de deux à six vorrées d'eau minérale de Hount-Caoule, des bains sédatifs au Bovridà et la douche ascendante itttra-rectule.

Ce malade fait une cure de quinze jours â partir du 15 mai 1872, et rentre chez lui dans un excellent étaj.. L'appétit s'était réveillé ; les digestions étaiouL devenues faciles el 1.1 constipation avait disparu.

A la suite de cette cure, C... passa trois mois sans aucune souffrance. Mais plus tard le trouble de la digestion se reproduisit plus léger. Le malade fit à Capvern une nouvelle cure au commencement de la saison suivante et se retira

Obsekvation 111. — Dyspepsie de nature rhumatismale simple.

Jeanne C..., de Monsérié, âgée de 2û ans, ménagère, d'une bonne constitution, et d'un tempérament sanguin, vint à Capveni le 16 mai 1874. Elle éprouvait un dégoût complet pour les aliments depuis un an. Ses digestions étaient lentes et douloureuses. La constipation alternait avec la diarrhée. Le flux cataménia! so montrait régulièrement aux époques. Cette malade a éprouvé souvent des douleurs musculaires rhumatismales, et probablement la dyspepsie est liée chez elle à l'élément rhumatismal. Son affeciion avait résisté aux divers moyens pharmaceutiques qu'on avait employés.

La cure dura quinze jours, et la malade n'obtint qu'une légère amélioration, qui probablement n'aura point

Obsebvatiou IV. — Dyspepsie avec embarras gastrique bilieux.

Antoine P..., de Castillon (Haute s- Pyrénées), âgé de 27 ans, d'un tempérament bilioso-sanguin et d'une bonne constitution, arriva à Capvern le 27 mai 1874. Depuis dix ans, ce malade éprouve dos troubles dans la digestion. 11 a de l'inappétence. Sa langue est recouverte d'un enduit

CAI'VERN. - SES EAUX MJSÉKALES.

lnhi'in; . l,i biHH'lii' est amère ; I'...- se plaint de douleur» Daniel ■ l;> région epîgastrlque aussitôt qu'il a ,

.il i pendant toute la durée de la digestion. Il

i'.i te île éructations acides fréquentes, des borborygme»,

[nés le long du colon transverae, delà constipation

■ iinissements de matières bilieuses. L'examen le

plus attentif ne nous permet pas de découvrir la moindre

altération organique du coté du l'oie.

l'nrgations répétées, émissions sanguines locales, eau de Vais en boisson, rien n'a soulagé ce malade.

lin vomitif avec l'ipéca est d'abord administré pour combattra l'élément bilieux. Puis P.. . boit progressivement de deux ;'l six ven-ëes d'eau de Uount-Caoute qu'il supporte bien. En même temps, le malade prend des bains sédatifs au Bvuridê et \:i [louche ascendante intra- rectale.

La cure dure quinze jours, et P... se retire dans un état d'amélioration remarquable. Nous ijmorons si cette amélioration a persisté.

OasEEVAïiON V. — Dyspepsie à forme gaslral]ique.

P..., de Vie-Fezousac (fjers), propriétaire, âgé de 12 jus, d'un tempérament névroso-sanguin, d'une bonne constitution, vint à Dapvorn le !8 mai 1873. L'anorexie est iX'inpIêLe. Dés que le malade prend quelque aliment, il est pris de douleurs très-vives dans la région de l'estomac, douleurs sous [«quelle» il passe des heures entières k se tordre. Les souffrances commencent deux ou trois heures après le repas; et sont plus fortes après l'ingestion des féculents. Les éructations sont nombreuses et brûlantes, fie malade, a eu jadis des gonflement du cote îles veines hémorrhoidales sans que le flux hémorrhoïdal se soit établi. La constipation est habituelle.

P.. . a été soumis aux médications les plus variées sans éprouver d'amélioration.

DYSPEPSIES. 71

Nous lui proscrivîmes 2 ii 4 verrées d'eau minérale de Itoitnt-Ct'nutr. ries bains an même Établissement, la doucbe intra-rectale et à percussion sur l'anus dans le but de déterminer une Iluxion du côté des vaisseaux hémorl'iu.iidau.x.

Cinq jours de ce traitement aggravent les symptômes et nous sommes condamna à l'interrompre. Nous recommandons des frictions sur l'épigastrc avec la pommade suivante, jusqu'à éruption de boulons earastérisliqucs:

Tartre Btibîd 1 gramme.

Huile da croton tigliuin ....

A ïonge

t nous donnons au malade une potion à l'acétate de •phine. Sous l'inQuence de ces moyens, les douleurs /apaisent et P..., après quatre jours, peut reprendre le alternent suivant:

Trois verrées d'eau minérale dans la journée ; remplacer l bains de Boutit-Caoute par ceux du Bouridi.

• malade séjourna vingt jours à Capvern, et à son >part l'amélioration rie son état habituel était peu çisibte.

Joseptie A. de Mascaras, ménagère, âgée de 38 ans, d'une

■ constitution et d'un tempérament lymphatique,

■ ut deux mois avant son arrivée à Capvern une fièvre

îuqueuse grave qui lui laissa un dégoût insurmontable

r toute sorte d'aliments; la langue était saburrale, la

mche pâteuse. Ses digestions étaient laborieuses et fort

igues, La malade se plaignait d'un poids incommode à

pilastre pendant la durée de la digestion. Elle vomissait

s b's jtrarB une partie des aliments ingérés; la consti-

IS CAPVERN. — SES EAUX Ml NÉ RALE S.

pation existait. Lus moyens qu'on avait employés pou combattre cet état avaient tous échoué.

Pheschiption : Deux à cinq tmréa d'«au mintrali d Ilount-Caoute, bains tempérés et dauclte ascendante inlrarectale.

Après quinze jours de ce traitement, la malade se relir: complètement guérie.

Observation VII. — Dyspepsie à la suite d'une fièvr typhoïde grave,

M..., cultivateur de Montcrabeau (Lot-et-Garonne), agÉ de 28 ans, d'un tempérament nervoso-sanguin, d'une bonne constitution, arrivé à (iapvern le 3Q juin 1872, dans le but d'y rétablir se* fonctions digestives considérablement troublées depuis un an, à la suite de la fièvre typhoïde. L'appétit est nul, la langue couverte d'un enduit jaunâtre, l'aliment le plus léger passe difficilement. Le malade esi trés-amaigri et sans forces. Il n'a pu supporter [es tonilJMBa et les amers qu'on lui a administrés. Il en a été de n de l'eau de Vichy.

Pue script ion : Deux à six verrées d'eau de Hounl-Caouti\ Ilains au même établissement.

Sous Pinilacnce de l'eau minérale 1 appétit se déclarf énergique dès les premiers jours du trai tenu.' rit, i>t. apré* quinze jouis de cure les digestions étaient très-bon™ malade refait, guéri.

.Observation VIII. — Dyspepsie simple avec embarras gastrique-bilieux,

L..,, de Tarbes (Hautes-Pyrénées), employé, âgé di 50 ans, d'un tempérament bilieux, d'une bonne constitution, arriva à Capvern le 15 juin 1872. Ce malade se plai-

DYSPEPSIES

gnait de troubles digestifs qui persistaient depuis deu* ans, maigri! 1rs divers traitements qu'un lui avilit Fait subir, Son appétit était variable; sa langue recouverte d'un enduit jaunâtre. Dès que les aliments riaient, ingérés, L... ressentait une pesanleur incommode :i l'épigBStra pendant la durée de la digestion qui était très-longu e. 11 éprouvait des renvois, et souvent les alimenta étaient rejetés par le vomis. ^'iii.'iii. Ci' m;il;ide aecusail des cidiques sourdes dans l'abdomen, et était l'rôquenimcn t. pris de diarrhée. La vie

e de L... n'était probablement pas étrangère à ces

s de la digestion.

Nous prescrivons d'abord à ce malade un gramme d : ipéca en deux doses, à dcmi-bcure d'intervalle. L"ne grande quantité do matières bilieuses furent expulsées sous i'inlluence de ce vomitif, et le malade fut immédiatement soumis au traitement thermal suivant: d'abord, deux Vfm'es d'eau de l/ount-Caoute, le matin à jeun, en ayant le soin de laisser un intervalle de demi-heure au moins entre l'ingestion de chaque verrée. l'uis, les jours suivants, augmenter progressivement la dose de l'eau minérale, jusqu'à six et même huit verrées, prises dans la journée, bains quotidiens à Iloimt-Caoute.

Les trouilles digestifs disparurent très-rapidement sous l'influence de ce traitement qui dura quinze jours. Au moment du départ de I ses digestions étaient très-bonnes

et l'état général excellent. La guérison s'est maintenue.

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