‹ CaraChapitre 14 sur 18 · LES DÉBRIS · texte numérisé non relu

LES DÉBRIS

De Paulus BOITARD

Poète normand, ci-devant clerc minoré

-up

Tragment de la V réface des ** Débris

Cette pièce est tout ce qui reste d'un petit volume qui devait être intitulé Les Débris de Paulus Boifard, poète normand, ci-devant clerc minoré. J'avais aussi composé les Débris. Ils étaient dans le dernier goût des poètes courants qui, par MM. Hugo, Sainte- Beuve, Baudelaire et autres, renouvellent Villon, sa poétique, ses moeurs et ses aventures. Deux de ces poètes très modernes ont eu le chagrin ou la gloire d'avoir des démêlés avec la justice. Après quelques lenteurs miséricordieuses, elle a fait saisir leur volume nouveau, elle en a déchiré quelques pages en

les déclarant obscènes. Et vraiment elles l'étaient, mais on pourrait demander lesquelles ne l'étaient pas... — L. V. (i)

Or ça, je crois partir prochainement, mais comme, Enccr qu'à demi mort, je suis pleinement homme, 0 lecteur .' je subis V incroyable besoin De dire en quoi je fus semblable à Glais-Bizoin. J'ai courtisé la Muse ardemment. J'en eus même Du fruit : stances, sonnets (mille environ^, poème {Deux tomes assez gros), odes en quantité. Je n'admirais que moi, c'est moi que f ai chanté. Mais, ce qui peut surprendre, Erostrate endurci, J'ai brûlé tout. Bizoin n'aurait pas fait ceci. Oui, Monsieur, des raisons à moi, par moi gardées, Mon t fa it in cin ère r cette a rcbe des idées . La raison ? C'était faible : au feu ! Le fier modèle Par ce trait s'est vengé du peintre peu fidèle.

(i) Cette note avait été écrite afin de limiter sans doute à cette seule pièce ce qui devait entrer des Déhrii dans la première partie de Cara ■ mais comme nou* publions à part ces pastiches de poésie moderne, nous avons cru bon de replacer la préface en tête des morceaux qu'elle annonce. Dans la suite, quelques-uns des Déhrii sont attribués par les manuscrits au poète Pourcin mais ne paraissent guère convenir à celui-ci qui nous est donné comme classique. Le dessein de Louis Veuillot nous échappe donc. Aussi n'avons-nous pu en tenir compte.

Les deux poètes poursuivis, auxquels il est fait allusion plus haut, sont Baudelaire et Richepin.

Une note presque identique a celle-ci a été écrite par Louis Veuillot, pour une variante de la préface d'I/iM Con/ettion,p. 124 des Couleuvres.

Dans V histoire il nesf rien de plus dur. Le T{omain Après son coup manqué n'a brûlé que sa main !

"L'arrêt exécuté, f œuvre m'est apparue Sinon digne de moi, cependant assez drue Pour illustrer ce pâle et misérable temps. Au fond de mes tiroirs, par ci par là flottants, Divers débris, privés ou de tête ou de queue. Alexandrins tordus, odes à teinte bleue, Sonnets d'acier très purs que mon art cisela, Sauvés de Pâtre, erraient ; j'ai ramassé cela.

Pour les âges futurs, c'est assez. Peu m'importe

De heurter à la gloire avec si mince escorte.

Le Parthénon croulant raconte Phidias ;

La note dit tout Tair, encor que chantant bas;

7/ suffit d'une ou deux figures écornées,

"Voici debout Minerve et les Panathénées.

Ainsi de ces fragments. Pour qui sait discerner.

L'art qui les inspira se laisse deviner.

Tel mot montrera TArt, tel la philosophie.

A r intellect public mon intellect se fie.

Si rien ne t' apparaît, ô lecteur étonné.

Ce n'est pas moi, c'est Dieu qui ne t'a rien donné.

"El seul j'aurai connu la grande âme éplorée Qui but trop à la flamme et qui fut dévorée...

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