‹ Cara patria: échos italiensChapitre 10 sur 67 · A LA COMTESSE D^ALBANY · texte numérisé non relu

A LA COMTESSE D^ALBANY

Cette bonté qui fait que j^adore la femme Qui m'a sous les fleurs asservi...

J'ai longtemps résisté; je sentais en moi-même Les vains frémissements d'une austère fierté. . . Mais ma vaine révolte était presque un blasphème... Car j'ai &it à ses pieds... et Dieu sait si je l'aime !... Abandon de ma liberté...

Et pourtant, sous le ciel n'avoir que soi pour maître, Passer indifférent près du trône des rois, Et , contemplant le Dieu qui nous a donné l'être, Juger, avec la loi qu'il nous a fait connaître. D'ici-bas les mesquines lois...

Libre!!! c'est se sentir des forces surhumaines... C'est remonter la source éternelle du beau.

Mais maintenant , arrière, aspirations vaines. Je bénis mon servage et je baise mes chaînes. Et je recharge mon fardeau! !...

Elle est en même temps ma pensée et ma gloire ; Pour elle j'obtiendrai des lauriers toujours vens... Et la postérité, qui saura notre histoire.

Peut-être lui devra de garder la mémoire De son pauvre faiseur de vers. ..

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La gloire!... l'avenir !... ô chimères fatales Écrites trop souvent aux murs d'une prison , Vos acres voluptés, qui rendent nos fronts pâles, Sont des pièges... dorés aux forges infernales, Dans les cavernes du démon !. . .

Quoi ! TArioste est là sur sa solide base; Le Tasse, immortel fou ; Pétrarque, aux doux accents ; Le grand Machiavel, dont le génie embrase, Et Dante !... ce rayon dont la splendeur écrase... Oser mesurer ces géants!...

Près des noms immortels je veux prendre ma place \ La gloire m'a mordu d'un désir furieux; Je gravis avec eux les sommets du Parnasse, Et, refaisant le nom de mon antique race, Noble... je le rends glorieux ! ! !

Ciel bleu.... soleil de pourpre.... Italie! Italie!... Terre sainte des arts, centre de Tunivers, Lorsque je dormirai sous ma tâche remplie, J'animerai tes jeux, ô ma belle patrie....

Avec mes strophes et mes vers ! . . .

Voici le dernier- né de ma muse, madame :

C'est le cri sans écho d'un impossible amour, Combats, déchirements, remords, toute la gamme

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Du tumulte des sens, des orages de l'âme,

Que j'osai montrer au grand jour...

Jetez un doux regard sur cette œuvre imparfaite, Vous qui savez si bien compatir aux douleurs. Car avec votre appui , Myrrha^ tout inquiète. Peut marcher hardiment et braver la tempête... Pour vaincre elle n'a que des pleurs...

En ce monde, rempli d'embûches et d'abîmes, Le poëte est souvent frappé de cécité \ Il ne lui suffit pas d'amonceler des rimes Ou des strophes d'amour, fussent-elles sublimes, Pour percer son obscurité...

Avant que du Seigneur la terrible parole Ne rappelle son ange à la splendeur du ciel, O toi, ma Béatrix ! ô toi, ma seule idole!

Fais refléter sur moi ta céleste auréole.

Afin de me rendre immortel...

i6 septembre i863.

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