IMITATION
Il est dans l'empyrée, aux sphères étemelles, Des anges radieux vêtus d'azur et d'or ; Dieu, de leurs corps brillants ôtant les blanches ailes ^ Fait de ces purs esprits les sublimes mortelles : Laure , Béatrix , Léonor . . .
Dès que se fait entendre une voix de poëte , Dieu commande à son ange et l'envoie ici-bas... Il sait que Thomme seul est un froid interprète, Que l'inspiration fait défaut au poëte,
Qu'un feu du ciel n'échauffe pas...
32 A LA COMTESSE d'aLBANY.
Car le poëte est seul au milieu de la foule, Haï comme un méchant, en proie aux ris moqueurs; Sous sa débile main Tappui tremble et s'écroule, Et chacun de ses jours, qui vers la mort s*écoule, Ne compte, hélas ! . . . que des douleurs. . .
Je poursuivais, rêveur, ma route solitaire, Ivre de liberté, des cours presque banni.
Lorsque soudain, mes yeux se détachant de terre, Je te vis près de moi^ divine messagère
Qu'on nomme ici-bas d'Albany!...
Dès ce jour le passé se ternit et s'efface :
Les brouillards, les vapeurs et les douleurs ont fui,
Et, comme le soleil inondant tout Tespace,
En moi ce sentiment anéantit la trace
De tout ce qui n^était pas lui!...
Elle est belle et riante; elle a sur sa figure Et dans ses yeux d'azur, éclair qui vous dit tout. Le reflet de son âme harmonieuçe et pure.
Et, dans ses flots ondes, sa riche chevelure Semble Tor des moissons d'août. . .
La beauté! n'est-ce pas la parure de Tâme, L'attrait qui tout d'abord attire l'œil ravi ? Elle a de plus au cœur cette discrète flamme.