LA SENSITIVE. 1S
Sur la virginale corolle, Il s^ étala nonchalanunent.
Il prit à la fleur offensée Pollen et parfum précieux, But à la goutte de rosée.
Et puis^ son aile reposée, Il repartit insoucieux.
L-a fleur, repliant son calice Tout à rheure frais et charmant.
Sur sa tige vivace et lisse Se pencha, comme un froid cilice.
Et se fana soudainement.
« Hélas ! me dis-je alors pensive.
C'est toujours le même sillon Qu'il faut que Ion creuse ou qu'on suive.
Tout meurt, comme la sensitive, Sous les baisers du papillon !
« L'amour, cette éphémère flamme,
Dévore et parfum et bonheur;
Puisqu'en passant il brûle l'âme.
Faut-il que le cœur de la femme
Meure de même que la fleur? »