A MON AMI L. B
Lorsque THomme, séduit par la première Femme, A la voix de Tamour abandonna son âme, Un Ange leur cria : « Soyez tous deux maudits! » Et y brandissant Péclair de son céleste glaive. Qui fit trembler Adam en faisant rougir Eve, Il les chassa du paradis.
Et puis il ajouta, solennel anathème !
(( Pour avoir méconnu de Dieu Tordre suprême, Vous mourrez ! Comme vous, vos petits-fils mourront ! De la punition toute faute est suivie ; Désormais vous aurez à gagner votre vie A la sueur de votre front. »
lyÔ LE TRAVAIL.
Quoi ! le travail serait une peine divine!... Lorsque le cœur s^échauffe et Tesprit s^illumine Au rayon du travail, sainte égide en tout lieu, L*Ange au glaive de feu ne courbe plus nos têtes; Et nous chantons en chœur, même au sein de nos fêtes : ce Le travail est la loi de Dieu. »
Car, sans lui, désormais, que deviendrait le monde? La charrue est utile à la plaine féconde Qui voit les blonds épis naître, croître et mûrir. Des soins de l'avenir le travail nous délivre ; Soyons reconnaissants, car le travail fait vivre. Et Toisiveté fait mourir.
Cest par lui qu'ici-bas l'homme commande en maître A tous les éléments, contraints de se soumettre. Offrant à ses plaisirs les merveilles des arts-, Au bruit des lourds marteaux, aux accents de la lyre, Pierre, bois ou métal, sous ses doigts tout respire Dans les palais, dans les bazars !
Unissons le travail à la saine pensée.
Et déjà nous voyons la distance effacée !
Le monde entier se range à notre autorité.
Car notre bras puissant, qui jamais ne se lasse, Possède, pour dompter et le temps et Tespace, Le feu, Tair, Télectricité.
LE TRAVAIL. l'JJ
Bien souvent, il est vrai, la vérité qu'on nie Est proclamée en vain paç la voix du génie :
Regrets rétrospectifs ! stériles repentirs !
Mais, aussitôt que Thomme a repris confiance^ Le travail a prêté son aide à la science :
L^ignorance fit les martyrs !
Si la foule parfois, égarée ou trompée, Troupeau toujours craignant le fouet et Tépée, N^a des yeux que pour l'or, Tor, stérile métal ! Pour redonner la vie à des terres en friche.
Le bras du travailleur vaut la bourse du riche : Le courage est un capital !
Cessez de vous vanter, vous qui, sortant du prône, Jetez à quelque pauvre une orgueilleuse aumône, Riches! car vous donnez à la mendicité!...
Ah ! venez donc plutôt combattre le chômage ; A l'ouvrier oisif procurez de Touvrage, Cest la meilleure charité !
Soyez fiers, travailleurs ! Cest sous vos mains utiles Que surgissent partout les moissons et les villes. Du pôle glacial aux déserts du midi.
Grâce à votre concours, les routes s'aplanissent. Et Ton voit, sur les monts que les wagons franchissent, La vapeur prendre un vol hardi !