‹ Cara patria: échos italiensChapitre 6 sur 67 · A S. M. LE ROI VICTOR EMMANUEU · texte numérisé non relu

A S. M. LE ROI VICTOR EMMANUEU

La Valteline en feu, les vaillants mcxitagnards Sans canons ni fusils, sans piques ni poignards, Faisant arme de tout, feux, soc, bâton, cognée ; Les volontaires, jeune et vaillante poignée.

Qui, marchant sur ses pas d'un pied leste et hardi. Tombaient en rqpétant : Vive Garibaldi !

Us sont morts ; mais leur sang, généreuse semence, Fume encore, et vous crie : Amnistie et clémence ! Sire, rappelez-vous ses plus récents exploits. Empruntés par Phisiotre aux nHnans d^autrefois. Quand il affranchissait Nq)le et les Deux-Siciles, Aventurier brouillon, chef des guerres civiles. Il allait, disait-on, par sa fougue emporté. Étouffer au berceau la jeune liberté !

Mais vous, vous que l'Europe à juste titre nomme Le soldat du progrès et le roi galant homme, Vous saviez bien, en vous, que cet audacieux Était un dévoué, non pas un fectieux ; Qu'ennemi des tyrans, comme de Panardiie, Il voulait Punité, mais dans la monarchie.

Sire, grâce pour lui ! Ce généreux soldat N'a pas cru, plus qu'alors, commettre un attentat. Des trames qu'il ignore, un habile égotsme Ont égaré l'élan de son patriotisme ; Trompant son âme ardente, ils ont armé son bras. Mais ceux-là sont dans l'ombre, on ne les juge pas. Doit-il, ce cœur loyal, porter le poids d*un crime

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Que d^autres ont commis, et dont il est victime ?

Sa grâce, un peuple entier Timplore à vos genoux.

J^arrive la dernière, et pourtant devant vous

Je ne plaiderai pas vainement, je Tespère ;

Si le Roi restait sourd, j^implorerais le père ï

Au nom de votre fille, au nom de cet hymen

Que ritalie entière acclamera demain,

De la couronne offerte à cette blonde tête,

Sire ! qu^un jugement n^attriste pas la fête!

Vous êtes grand et fort : soyez clément et bon !

Qu^aujourd^hui soit un jour de grâce et de pardon.

Que Taimable princesse emporte vers Lisbonne

Un pardon obtenu, sa plus belle couronne.

Et que sa fraîche voix, comme un souffle embaumé.

Guérisse le captif que vous avez aimé !

Sire, toute infortune au fond du cœur vous touche ;

Souvent le mot- de grâce arrive à votre bouche.

Ah ! dites-le ce mot qui nous semble si doux !

Il portera bonheur à ces jeunes époux.

Laissez-le s^éloigner; qu*il aille en Amérique

Jeter à d'autres cieux cette flamme héroïque,

Ce fougueux dévouement qu^a toujours exalté

L'amour de la patrie et de la liberté.

Ah ! rendez à nos vœux, rendez à sa famille,

A ses fils bien-aimés, rendez. Sire, à sa fille

Le héros malheureux ! Il est assez puni !

Faites-le libre. Sire, et vous serez béni !

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Des juges, un arrêt, des gardiens, une geôte !

C'est la mort ! L'aigle meurt en cage : il faut qu'il vole,

Qu'il vive! je connais sa devise et sa loi.

Je le jure pour lui : l'Italie et le Roi.

Tuiin, z6 septembre i86!.

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