LE D' SANTA CLAUS
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comptes. Et c'est moi qui ai honte de voir une misérable grand'mère, si dévouce, si douce et si vieille, si pleine de cœur, n'aborder avec défiance comme quelqu'un qui n'en aurait point de cœur, lui.
— C'est ton petit-fils qui est malade?...
— Qui, bien malade tout à coup, À propos de rien.... Il était cependant allé à l'école, comme À l'ordinaire, mais au retour... une fièvre, des rêves en sursaut, des appels déchirants....
Peut-être avait-il pris froid À travers ses vieux habits trop courts.... Ils étaient si pauvres, eux.
Alors, malgré la neige et la nuit, elle était venue me trouver, me demander si je ne pourrais pas le lui
guérir, ce cher enfant.... Quelques poudres, seulement... car il ne devait
pas être nécessaire de le voir.
Oh ! elle snupconnait bien encore une raison à sa fièvre subite: A la Noël, le père Nicholas avait apporté un arbre chargé de cadeaux à ses petits compagnons de classe anglais.
Ceux-ci lui avaient raconté ça: ils avaient apporté leurs jouets à l’école, et depuis, il en avait rêvé à chaque nuit, le pauvre enfant. ‘“ Pourquoi qu’il ne vient jamais ici, le vieux Nicholas? me demandait-il toujours tris-
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tement ; quand bien même nous serions pauvres... tt n'es pas méchante, toi, grand'mère, et moi non plus... Dis, est-ce que je suis méchant ? ”
Et tous ses désirs et ses imaginations d’enfant, ses rêves éveillés, lui étaient revenus, ce soir, dans ses cauchemars de fièvre.
Au rebord du bois, tout près, elle était allée, pour voir, couper un sapineau vert dans les rameaux duquel elle avait déposé des pommes et des glands murs... Mais des pommes et des glands, il connaissait trop ça, n'est-ce pas, et sa fièvre avait continué.
—-Si vous vouliez m'en donner quelques poudres blanches? Ce n'est pas nécessaire de le voir, je crois,... ce n'est pas nécessaire, je suppose, me répétait-elle toujours sur un ton de douce et touchante angoisse.
Oh ! vieille grand'mère, “ce n'est pas nécessaire ”, dis-tu?... comme tu désirerais que j'y allasse cependant:
mais ça te coûte trop de me le demander, dans la crainte d’un refus, parce que tu n’as rien, rien à m'offrir pour me payer ma course et qu’il faut être grand’mère comme toi pour se mettre en chemin dans cette neige-là, par seul dévouement.
— Puisque vous êtes assez bon, re-
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mettez-m'en, sil vous plait, queiques unes... des semblables à celles que vous avez données, l’autre jour, au petit Louison, le gas du voisin... Elles n'étaient pas mauvaises à avaler celles-1à... Car si elle allait @ère obligée de prendre son petit-fils de force, de le gronder, de lui tenir les mains...
Jamais elle ne pourrait s’y résoudre, non, bon Dieu!... jamais...
Je te comprends bien, va, vieille grand’mère; si tu savais comme je te comprends bien; et rien qu'à un inoubliable souvenir triste qui se réveille toujours tout de suite dans mon esprit quand ce sujet revient, je reprends : |
—Et si j'allais le voir, ton petitfils?... lui faire prendre moi-même ses poudres en même temps?...
Je n'avais pas de réponse à attendre... son regard de bonheur suffisait seul. Je donnai ordre d’atteler.
Mais en attendant, je m'en vais, en secret, détacher doucement, de larbre de Noël de mes mioches déjà installé dans un coin de salle pour le lendemain, quelques jouets, une bonbonnière, et parmi les autres joujoux de l'an dernier—musiquettes, polichinelles, chevaux mécaniques, arches de