‹ Carabinades [microforme]Chapitre 17 sur 39 · LA ARE AL DE VE A9 DEA QE: AFS QT NES AE AS AE QE AE QE QE RE · texte numérisé non relu

LA ARE AL DE VE A9 DEA QE: AFS QT NES AE AS AE QE AE QE QE RE

Les Chers Confrères

ÆRENAUD! vas-tu entendre la Cal- N vé ce soir dans Faust?...

-— Oui; je viens justement d'acheter mes billets d'entrée. J'y vais avec notre confrère Lestang.

- Et avec qui reviens-tu?

— Avec qui?... Mais avec lui.

— Allons, tu sais bien qu'il va encore se faire mander par sa femme, vers le dernier enfr'acte, nour quelque cas très pressé... Ca produit un si joli effet sur les habitués qui entendent le garçon du téléphone l'appeler à haute voix de la porte du foyer....

Lestang s'épargne ainsi le cofit d'annoncer dans les journaux.

.. De fait, Renaud est revenu seul après la représentation.

— Sur la rue.— Les docteurs À... et LL... s'en vont

a ss eee re + .—

à l'hôpital pour leurs cliniques respectives. Ils rencontrent leur confrère | ROME

Dr A.—Tiens, comment ça va..., bonjour... où cours-tu, si pressé?

Dr P.—A mon bureau, diable... je suis en retard.

Dr L.—Dis-donc... et ton pauvre M. Barbeau?...

Dr P.—M. Barbeau... le ministre!

...Il va mieux... mieux.... Vous avez vu les journaux... le dernier bulletin est très encourageant.

Dr A.—Tu l'as enlevé à cet imposteur de M... tant mieux; sais-tu que cette guérison subite et inespérée de l'hon. Barbeau te fait une réclame?

Le Dr P... éclatant de rire.

—- Non, il ne faut pas vous blaguer ; je veux vous parler franchement.

C’est encore M... qui le traite, mais tout le monde croit que je l'ai maintenant sous mes soins et je laisse dire tout simplement. Ca lui apprendra à ce maudit charlatan...

Dr A.—Mais d’où sort ce canard ?...

Dr P.—Oh! je lui ai bien un peu fait pousser les ailes... Vous ai-je déjà raconté le tour que notre rusé confrère m'a joué auprès de la famille Lecours?… Non, vraiment? Voici...

Le vieux monsieur Lecours souffrait de congestion pulmonaire, vous savez

ee + ce

… un bon jour, sa femme me propose une consultation avec M... j'accepte tout de suite: ça m'était bien égai, il n'y avait ni deux diagnostics ni deux formes de traitement au sujet de sa maladie. Or voilà mon M... qui arrive, aborde mon malade, le tâte, l'ausceulte, le sent, le renifle, et au bout d'un moment, il n'interpelle: Y a-t-il de l'acétone dans ses urines ? Avezvous examiné ?

De l’acétone... de l'acétone... diable!...je savais que ça se rencontrait, j'hésite: Non, je n'ai pas examiné.

Mais lui, fouillant tout de suite dedans et dessous les meubles et dardant, comme une lentille de microscope, un œil connaisseur dans le vase de nuit: Sapristi! oui il y en a... de l'acétone, de l’acétone vraie.

Je restai embôêté, humilié devant la famille qui, elle, était éblouie. Je n'avais pas vu d’acétone, tandis que lui, à trois pieds, en clignant simplement l'œil...

Ce ne fut qu'une fois retourné chez moi, en consultant mes livres, que je découvris combien je m'en étais moimême laissé effrontément imposer par son ton convaincu et connaisseur, mais le coup étais porté et la confiance de la famille Lecours passablement émoussée à mon égard... Vous pou-

ee ee

vez juger si je me rongeais les poings.

... Ah! le pistolet:...

Dr L.—Mais Barbeau?...

Dr P.—Bien oui... Je cherchais en moi-même l’occasion d’avoir mon tour.

Or je traite justement Mme Faribault, une ancienne patiente qui demeure sur l’autre côté de la rue Saint-Hubert, à une dizaine de portes plus haut que chez l'hon. Barbeau. Alors quand je vis par les journaux que ceiui-ci prenait un mieux sensible, je donnai ordre à mon cocher, à chaque visite que je faisais chez Mme Faribault, d'aller m'’attendre en face de la maison de lhon. Barbeau... Vous comprenez; tout le monde en voyant ma voiture stationner devant chez lui s’est imaginé qu'il est maintenant sous mes soins et je retire tout le bénéfice de sa guérison. M... enrage, mais que voulez-vous qu'il fasse; la rue est au public,

Ce n'est pas joli ce que j'ai fait là, je le sais, mais le sacré gueux, je savais bien que je le rejoindrais...

Déjà onze heures, et mon bureau...

Bonjour.

R # * Le pharmacien Morin, de Québec,

possède, sous le numéro 2841, la prescription suivante:

th kf REP 3 TE “Fi LEA

Graines de citrouilles. 16 onces.

sraines dr lin.. .. .. 8 onces.

Feuilles de Belladonnre. 1 drachme Huile de castor. .. .. 2 onces.

Melasse... .. .. .. .. 16 onces.

“ Faites macérer le tout et appliquez chaud sur le nombril pendant 24 heures. Ensuite lavez et mettez un emplâtre de gomme de sapin.”

Dr Courteanche.

Faubourg Saint-Sauveur.

Si jamais vous passez vers sept heures du matin sur la rue Augusta, à Sorel, vous verrez, aux environs du No. 174, Gugusse, le garcon à tout faire du Dr Latour, en train de transporter dans la maison de son maître le bloc de glace que le débitant lance avec fracas à la porte, quatre fois par semaine.

Examinez bien alors le nouveau genre de pince qu’il emploie.

.. Ah! Gugusse s'était d’abord fort lamenté pendant plusieurs semaines, obligé qu'il était de saisir À mains nues ces morceaux de glace qui lui ridaient les paumes et les couturaient de

FILE ee e ae : L 4 out

crevasses: ‘Si javais au moins une pince exprès, comme les autres abonnés ”, soupirait-il.

La cuisinière qui l'avait entendu avait redit la chose à Mme Latour:

C’est vrai, s'il avait une pince exprès.

Mme Latour l'avait répété à son mari: Tu devrais lui acheter une pince à la fin.

Alors le docteur avait été ébloui.

par une idée subite qui ne détruisait pas ses principes d'économie et il courut déterrer dans un recoin de sa pharmacie une ancienne paire de forceps Païot qu'il conservait inutilement depuis des années, et il la remit à Gugusse... Celui-ci en raffole: il veut absolument la faire “ patenter”, Ja trouvant supérieure à toutes les autres.

Si jamais vous passez sur }2 rue Augusta, faites-la vous done montrer.

Le docteur Richard, de Québec. est un fameux homine comme vous le savez, À côté de l'amour qu'il porte à ses malades, il entretient une tendre sympathie pour la politique et une lé- gère faiblesse pour le gin; ce qui excite parfois son tempérament déjà un peu vif et bouillant.

L'autre jour, la population de Saint- Roch voulut préparer une réception officielle à l’hon. M. Laurier, à l’occasion de sa visite, et le docteur Richard fut désigné pour lire l'adresse d'usage.

L'assemblée, déjà en retard, débuta par des présentations, des serréments de mains interminables, des allocutions diverses par les présidents, viceprésidents de clubs: puis ensuite ce furent des discours d'ouverture filandreux, des discours incessants, des discours sans fin.

Il était près de onze heures quand on vint prier le Dr Richard de lire enfin son adresse. Celui-ci avait déjà, maussade et impatienté, endossé son paletot pour réintégrer tout droit son domicile,

Comme le président de l’assemblée continuait néanmoins à annoncer du haut de l’estrade que le Dr Richard allait faire la lecture de l'adresse à l'honorable M. Laurier et réclamait le silence, notre confrère s’avanca, fit un grand salut:

— Mon adresse, messieurs, —- c'est 312 rue Sainte-Foye. Bonsoir.

Puis il mit son chapeau et s’éloigna majestueusement, sans plus de façon.

vw TR CLOSED eme DM - + murs nb mme RNCS CEE ET ©

Page 1