LARMES. — LÉPREUX
(Cf. Anges, p. Chevelure, etc.). On la peint fréquemment répandant des larmes; soit à cause du récit de l'Évangile qui nous la montre arrosant de ses pleurs les pieds de Jésus-Christ tandis qu'il était à table chez le pharisien, soit à raison de la longue pénitence qui répara ses désordres.
Sainte Paule romaine, veuve; 26 janvier, k^k- Elle passa vingt ans à Bethléem dans l'exercice de la pénitence, formant elle-même sa fille sainte Eustochium à cette vie de sacrifice, sous la direction de saint Jérôme. Je la vois représentée versant des larmes ; en quoi il se peut que l'on ait voulu la donner pour le modèle accompli de la veuve chrétienne dont parle saint Paul'. Je crois pourtant que l'on s'y sera proposé quelque vue moins vague, comme de peindre la grande douleur que causaient à cette sainte les fautes les plus légères. Bien que sa vie antérieure n'eût certes point donné de scandale, elle disait : Celle qui a tant plu au monde doit bien prendre garde de déplaire à Dieu. Mais on aura peut-être prétendu rappeler sa tendre affection pour les siens, où saint Jérôme trouvait un motif de blâme ^ ; et je ne puis m'empècher de trouver bon ce soin de montrer combien il y a de tendresse dans les grands cœurs.
Sainte Monique (Cf. Auréole, 1° nom de Jésus, p. 98; Ceinture). On sait les gémissements que lui coûtèrent les désordres de son fils Augustin, qu'elle enfanta ainsi pour le ciel en devenant doublement sa mère. Aussi, un évêque près duquel la sainte veuve était venue déposer sa douleur, lui donna cette consolation prophétique : u 11 ne se peut pas que le fils de tant de larmes périsse ^ »
Sainte Rusticule, abbesse dans la ville d'Arles; 11 août, 632. On la représente souvent versant des pleurs; soit à
1. I Tim. V, 5 : « Quae autem vere vidua est et desolata... » — Cf. AA. SS. Januar,, t. II, p. 717. — Hieronym. Ëpist. xxvm (ed. Martianay, t. IV, P. ii, p. 66). Cf. Ibid., epist. liv (p. 587, sq.).
2. Hieronym. Epist. xxii (ed. Martianay, t. IV, P. ii, p. 54-59). Cela ne l'empêche pas de la louer ailleurs en déclarant que nulle mère ne l'égalait dans l'amour qu'elle éprouvait pour ses enfants. Cf. AA. SS. Januar., t. II, p. 713.
3. Une hymne des vêpres, publiée dans la collection de M. Mone (t. III, p. 446), exprime à peu près ce qu'ont représenté beaucoup d'artistes :
(I 0 Mater flendo gradiens, Fletuque spargens semina (Fs. cxxv, 5-7); Sed exultanter rediens, Mundo ferens charismata. »
Mais une prose attribuée au célèbre Adam de Saint-Victor (apud L. Gautier, OEuvres poétiques d'Adam de Saint-Victor, t. II, p. 403, svv.) a bien d'autres accents, sans avoir tout à fait le ton d'Adam : n Félix imber lacrymarum, Quo effulsit tam praxlarum Lumen in Ecclesia .' Multo fletu seminavit Germen ubi reportavit Metens in laetitia.
Plus accepit quam petivit; 0 quam miro tune gestivit Spiritus tripudio !
Cernens natum fide ratum, Sedet Christo jam saeratum Toto mentis studio. »
cause du don des larmes qu'elle avait reçu de Dieu dans ses oraisons, soit à cause des persécutions qu'elle eut à essuyer*.
Sainte Catherine de Suède, fille de sainte Brigitte (Cf. Cerf, p. 189; etc.). Elle méditait chaque jour la passion de Jésus-Chris,t durant plusieurs heures, en versant des larmes abondantes.