LÉPREUX
Dans les monuments du moyen âge, cette espèce de maladie n'est pas seulement caractérisée par les taches qui couvrent la peau, mais aussi par la cliquette, instrument formé de trois ou quatre lames de bois destinées à produire par leur percussion réciproque un bruit qui avertissait les passants de se garer. Que l'antiquité eût connu ou non ce moyen d'avertissement, les artistes ne s'en mettaient pas en peine ; en cela comme presque en tout le reste, ils appliquaient à tous les temps ce qu'ils avaient chaque jour sous les yeux. Cela même a son intérêt, sinon pour ce qu'ils veulent dire, du moins pour ce qu'ils disent sans y songer.
Saint Lazare, le lépreux de l'Évangile (Luc. xvi, 19-26). Plusieurs veulent que le récit des misères de ce pauvre mendiant, si négligé par le riche avare, ne soit qu'une parabole. Le moyen âge n'a généralement pas mis en doute que la leçon donnée ainsi aux Juifs par Notre-Seigneur ne reposât sur des faits réels ; l'ordre de Saint- Lazare et le mot ladre qui est resté dans notre langue montrent bien que l'on ne prenait point le mendiant de saint Luc pour une abstraction \ On le trouvera donc plus d'une fois dans les vitraux ou les missels, tenant sa