LION ET
Saint Tropez {Torpes ou Torpetius) ; 17 mai, sous Néron. Exposé aux bêtes et respecté par elles, il fut décapité à la fin. On le regarde comme l'un de ces chrétiens que les apôtres avaient gagnés à Jésus-Christ jusque dans le palais impérial, et dont saint Paul semble faire un trophée particulièrement glorieux à la croix du Sauveur quand il annonce leur conversion en écrivant aux Philippiens^
Les animaux féroces auxquels on livrait en pâture les fidèles dans l'amphithéâtre, pouvaient bien être parfois des tigres, des panthères, des ours même, etc. ; mais la proximité de l'Afrique semble y avoir multiplié singulièrement les lions. Aussi voyons-nous d'après l'histoire, que le peuple idolâtre croyait avoir tout dit quand il criait : Les chrétiens aux lions ! Les artistes ne sont donc pas loin du vrai quand ils peignent le lion comme le principal instrument de ces massacres. Pour certains martyrs on sait que des taureaux ou des vaches furieuses les ont mis en pièces, mais communément la mort dans l'amphithéâtre est exprimée par un lion.
Saint Victor de Milan, martyr (Cf. Armes, Armure, p. 78; etc.). On prétend qu'après sa décollation son corps fut défendu par deux lions contre les oiseaux de proie, durant sept jours. Je ne vois pas bien où l'on prendrait que des lions vécussent dans les campagnes de Lombardie au iv« siècle ; mais enfin c'est une vieille légende locale attestée dans un Office de ce saint, approuvé pour Volterra en 1519 ^
Saint Pontien, martyr a Spolette (Cf. Épée, p. 367). On le peint entre deux lions; parce que livré aux bêtes, il n'en reçut que des caresses ^ Les chevalets se brisèrent quant on voulut le torturer; et il fut, dit-on, nourri plusieurs jours par un ange dans la prison où l'on avait prétendu le laisser mourir de faim. La décapitation termina ses épreuves.
Saint Antiochus médecin , martyr ' a Sébaste en Arménie; 15 juillet, sous Dioclétien. Des lions et des panthères qui devaient le dévorer, se jetèrent à ses pieds sans lui faire- de mal*.
Les saints Abdon et Sennen (Cf. Groupes, deux à deux, p. ^157; etc). Exposés aux animaux farouches dans l'amphithéâtre , puis décapités, parce que les bêtes féroces les avaient laissés sans atteinte.
Les saints Primus et Félicien (Cf. Groupes, deux à deux, p. 458). Ils eurent le même sort que les précé-
1. Philipp., IV, 22 : « Salutant vos otnnes sancti, maxime autem qui de Caesaiis domo suiit. »