‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 158 sur 632 · MAIN DIVINE · texte numérisé non relu

MAIN DIVINE

les yeux du lecteur. Elle est empruntée à VEvangeliarium quadruplex de Bianchini (P. i, t. Il, p. cdlxxiv), et a pour objet saint Jean l'Évangeliste, qui semble dicter à

un secrétaire ce que Dieu lui révèle immédiatement'. Les trois étoiles paraissent désigner la Trinité sainte, et sont remplacées ailleurs ou mises plus en saillie au moyen d'une portion d'arc-en-ciel à trois bandes (par exemple dans le Ménologc grec, t. II, p. 159, 95 et 170). Mais parfois un rayon s'échappe de la main divine {ibid., p. 153, 16/i).

En Occident nous n'y mettions pas tant de façon. Presque toujours chez nos aïeux cette Droite est circonscrite par le nimbe divin qui expliquait suffisamment l'intention de l'artiste. Mais, pour qu'on ne se la représente pas sous une forme trop exclusive, répétons la main rayonnante qui encourage saint Etienne le premier martyr, et rappelons la main sans nimbe ni rayon qui se voit p. 22.

Saint Éleuthère évêque de Touhnai , saint Tuéodule évêque de Sjon , saint Leu archevêque de Sens , et saint Gilles abbé, ont reçu indifféremment l'attribut dont nous parlons, au sujet d'une intervention divine qui ne

1. 11 m'est revenu assez tard qu'au mois de février 18G7, un médecin (peut-être encore jeune, et désirant mettre à profit les joyeusetés du carnaval) m'avait travesti en une espèce d'officiant qui jetterait l'eau bénite sur le cercueil de rarchéologie pour la faire enterrer toute vivante. Cela peut être fort spirituel pour ceux qui le comprennent, mais je ne possède pas la clef de l'énigme; et n'y vois qu'une grosse erreur de diagnostic. 'l'andis que mon loustic me prend pour adversaire acharné du moyen âge, je passe ma vie à en étudier les œuvres et l'enseignement. Ici même plus d'un lecteur aura pensé, ou i)ensera encore que j'exhume bien des vieilleries trop peu conformes au goût de notre siècle. Où est le l'emède? La Fontaine a donné déjà plus d'une consultation sur ce cas de nosograiihie quin'est pas très-neuf, quoique les feuilletons soient modernes :

« Prenez femme, abbaye, emploi, gouvernement; Les gens en parleront, n'en doutez nullement. » Et les Espagnols' disent depuis longtemps :

0 Dios me dé siempre contienda Con quien me entienda! »

2. Le Bréviaire d'Amiens (1554, in-l(i) avait c(.;tte aniicnnc pour

regarde probablement que l'un d'eux. Mais ce fait attribué tantôt à l'un, tantôt à l'autre de ces quatre .saints (soit pour Clovis, soit pour Chaiiemagne, etc.), a été rap-

pelé suffisamment sous divers titres. Cf. Confession (saint Éleuthère), p. 248, sv.; etc., etc.

Saint Honoré, évêque d'Amiens; 16 mai, v. 600. On raconte que célébrant la messe , il vit une main divine au-dessus de son calice ^ Je ne vois pas qu'il soit question de ce miracle dans sa vie par les Bollandistes^ ; mais, si je ne me trompe, cela passe dans le pays pour avoir eu lieu à l'église de Saint-Acheul (ancienne cathédrale), et l'abbaye en avait conservé le souvenir dans ses armoiries, qui portaient : de France, à la main d'ar- (jcnl dcscendanl d'un nuage mouvant du chef.

Dans l'absence de tout témoin contemporain, ne pou-

Benedictus, le jour de l'octave du saint : « Iste confesser Christi, Honoratus pontifex duni fungens ante altare sacrificium consecraret, cœlis apertis palmam Domini aspexit. »

3. AA. SS. Mail, t. III, p. C12-610. On n'y parle que du crucifix qui inclina la tête pour saluer les reliques du saint rapportées dans sa ville épiscopale, et les Amiénois disent que ce prodige a pour monument persistant jusqu'à nos jours le grand crucifix de la cathédrale qui porte le nom de saint Sauf.

Mais les vieux Missels d'Amiens disaient dans la prose de saint Honoré :

« Hic dum missnm celebravit, Manus Christi consecravit Hostiam mirifice. »

Cf. Lccointe, Anii. ecdes., t. IV, p. IS.'.

Les Picards veulent que ce fût la répétition d'un niii-ach; accordé précédemment à la foi de saint Firmin le confesseur. Ne serait-ce pas tout simplement une façon de dire aux yeux que les saints n'avaient garde de consacrer l'Eucharistie sans se rappeler h- pouvoir énorme qui leur est confié en cela i)ar le Ciel".'

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