‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 166 sur 632 · MAMELLES, SEIN MUTILÉ · texte numérisé non relu

MAMELLES, SEIN MUTILÉ

Ce supplice a été infligé mainte fois à des femmes chrétiennes par la férocité des juges idolâtres ; tantôt cette mutilation était opérée avec des instruments tranchants , tantôt on y employait la pression violente d'un coUVe dont le couvercle s'ahattait pour déchirer les chairs en manière d'étau.

Quelques saintes seulement sont représentées avec les traces de cette barbarie, ou dans l'acte de la subir; et les artistes y ont employé, soit des cisoires, soit des tenailles, ainsi que je l'ai fait observer sous le titre Ciseaux.

La plus célèbre parmi les saintes torturées de la sorte est SAINTE Agathe (5 février, 2131), l'une de ces illustres vierges chrétiennes dont il est fait mémoire au Canon de la messe.

Son Office dans le Bréviaire, mentionne à plusieurs reprises, et le tourment qu'elle subit et l'apparition du prince des apôtres qui vint la guérir dans sa prison^. Le plus souvent on la représente portant ses deux seins sur un plateau, mais parfois aussi on la voit

Sainte Cienevi^'ve, \i. ."iMH.

Les SAINTES Basii.isse et Anastasie. Cf. Mains coupées. ]). 537.

Sainte Kébronie, vierge et martyre à Sibapolis en Syrie ;

25 juillet, sousDioclétien. Elle faisait partie d'une communauté de cinquante vierges chrétiennes présidée par une de ses tantes; et jeune encore , elle attira par sa beauté les regards du gouverneur qui, ne pouvant la faire consentir à sa passion, la soumit à des tourments atroces.

Après avoir été battue de verges, elle eut les pieds, les mains et les mamelles coupées. Les bourreaux furent fatigués plutôt qu'elle, et ses supplices se terminèrent par la décapitation.

On attribue également la même torture à Sainte Calliope (8 juin, sous Dèce), qui eut en outre pour couche dans la prison des têts de pots cassés; à sainte Christine (Cf.

Flcches, p. Zil5, sv; etc.), et même à sainte Barbe. Mais, à vrai dire, sainte Agathe et sainte Fébronie soni à peu près les seules parmi nous autres latins, dont ce soit la caractéristique ordinaire.

Sainte Macre [Macra], martyre a Fîmes près de Reims; 6 janvier, v.

290. Elle passe pour avoir été tenaillée cruellement, puis brûlée avec des charbons ardents, parce qu'elle refusait d'adorer les idoles. D'anciennes représentations allemandes et champenoises lui donnent (comme à sainte Agathe) un livre qui porte ses deux mamelles coupées ou ar-

livrée aux bourreaux dans le moment de cette torture. rachées. Ce peut être un indice de son martyre"-'

1. Les saints Pères ont vanté à l'envi la glorieuse martyi'c (!e Catane. Rappelons du moins ce qu'en dit saint Damase :

« Fortior lucc trucihusque viris, Torta mamilla docet patulo.

lîxposuit sua membra flagris. Deliciae cui carcer erat,

Pectore quam l'uerit valido Pastor ovem Petrus hanc recréât. Elr

Cf AA. SS. Februar., t. I, p. 595-656.— Bcêuia)'. gothicum. saiictorale, ad vesperas :

« Tu nunc demum martyr acrius Pectoris papiUa toUitur

Afficeris verberibus; Castumque corpus tunditur.

Magnus sed Christi senior Disrurupit claustra carceris Eeddit papillam integram Curatque omnia vulnera.

Nam mentis Mtr.œ incendumi Cursu dum rapidissimo

Ad urbem pronum flertitur, Claret puellas merituni.

Tune e sepulcro martyris Plebs sacrum vélum deferunt, Cujus pia pr*sentia Extinguit mox incendia.

Etc. »

Cf. AA. SS. .lanunr., t. I, p. 32i, Rr;q.

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