MARIE
temps) à sa mère, pourquoi verrait-on un anachronisme dans la maternité divine indiquée au moment où Marie commence à recueillir les fruits de cette destinée unique qui dirigeait Dieu à son égard?
11 ne faut pas faire mine de voir en ceci que je veuille exclure toute scène où la très-sainte Vierge paraîtra sans porter son Fils, soit sur ses genoux, soit entre ses bras. J'ai donné déjà, et je répète pour plus de clarté, cette Ascension (copiée aussi dans le cabinet de M. Colclien à Metz, d'après un ivoire du xi'' siècle ou du x'') qui montre Notre-Dame élevant les bras vers Notre-Seigneur à l'instant oîi il va disparaître dans le ciel.
Elle lui exprime son amoui' ou sa douleur à ce moment de séparation , elle appelle ses bénédictions sur
ceux qui demeurent dans le lieu d'exil ; peu importe. Mais quand une circonstance particulière prise dans la vie de la très-sainte Vierge ne s'oppose pas à ce qu'elle porte l'enfant Jésus entre ses bras ou dans son sein, je ne puis m'empêcher de croire qu'elle est alors comme découronnée; parce qu'on la prive ainsi de ce qui caractérise tout particulièrement sa grandeur sans égale parmi les simples créatures, en ne faisant plus comprendre l'incommensurable hauteur oi^i la portent les desseins éternels de Dieu dans l'incarnation de son Fils.
Voici, pour ne pas avoir l'air de trop appuyer sur les représentations anciennes, une forme du type moderne qui ne renonce pas au fond de doctrine généralement exprimé par l'art des bonnes époques.
Vouloir entrer dans plus de détails : comme, par exemple, faire l'énumération des circonstances où l'Évangile et les pieuses traditions populaires nous montrent Marie, soit enfant, soit dans la maison de Nazareth, soit à Bethléem, au Calvaire, etc.; ou bien suivre à travers
le temps et l'espace, les dévotions qui lui font donneides attributs spéciaux, les origines de pèlerinages qui l'honorent sous un vocable particulier, ce serait accepter une tàclie à laquelle on ne satisferait pas avec un livre plus gros que le mien. Il doit donc sufTn-e d'avoir laissé soiqi(;onner ce que pareil sujet demanderait de recherches. J'ai dit que je n'en faisais pas mon affaire; et quant à bien des cas oîi la Mère de Dieu intervient nécessairement pour faire comprendre les caractéristiques des