‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 173 sur 632 · MARTEAU · texte numérisé non relu

MARTEAU

Bien des saints qui pourraient se ranger sous celte l'ubrique, ont déjà trouvé leur place aux mots Conslruclion, Ciseau, Enclume et Couronne (lesouATiiE couronnés). Car le marteau (surtout si l'on y joint le maillet des sculpteurs, des menuisiers et des charpentiers) appartient à bien des professions. Aussi à Bruxelles, par exemple, les bottiers appartenaient à la grande classe des corporations qui portaient le titre des qualre métiers couronnés. Cela venait, si je ne me trompe, des quatre saints couronnés qui passaient pour avoir été statuaires (Cf. Ciseau); d'où était venu, surtout en Belgique, Tusage de placer une petite couronne sur le marteau des saints qui présidaient aux industries classées sous cette dénomination. Or le cuir même se bat au marteau, pour être serré (comme on dit.)

Saint Éloi est bien connu, principalement en France, comme patron des orfèvres, et même des maréchaux (Cf. Châsse, p. 204; Cheval, p. 209; etc.). Sa représentation la plus habituelle en costume épiscopal, mais avec un marteau à la main, avait donné lieu au dicton picard : (( Froid connne le marteau de saint Éloi, » parce que l'on ne voit jamais ce marteau en mouvement. A titre d'orfèvre, on pourra le ti'ouver peint quand il présente deux trônes au roi Clotaire*.

Le B^ Geoffroy {Gaufridus) de Loudon, évêque du Mans; 3 août, 1255. Dans son diocèse on prétend qu'il a sculpté lui-même le portail de l'église de Sillé-le-Guillaume. 11 voulait pousser plus loin sa coopération même matérielle. Mais comme il prétendait y établir les Chartreux, ou peut-être fonder leur monastère près de là, diverses importunités lui lirent abandonner son premier projet. Aussi renonça-t-il à son rôle d'artiste, disant que sa Chartreuse s'élèverait au lieu où tomberait son marteau. Cet instrument lancé par l'homme de Dieu, aurait été s'abattre dans les rochers de Saint-Denys-d'Orques, à six lieues de la collégiale -. Bien entendu que les Bollandistes n'ont pas connu ce récit, qui paraît être une forme populaire et tout à fait locale du souvenir des

1. Cf. Suriuni, 1 decembr. — he fauteuil de Dagobert a donné lieu à des rcclierclios importantes de M. Cli. Lenormant, dans nos Mélanges d'Archéologie, etc., t. 1, p. 1 57-190; et 239, svv. Mais le souvenir s'en conservait dans une prose du missel d'Amiens ( l.j'20 ) : « Régi l'uruiaiis vas ex auro, Certum suuiiisit ex thesauio Et pondus et pretium.

Auri pondus duplicatur, In hujc duo rex luiratur Pondus et ingenium. »

'2. D. Piolin, Histoire de l'Eglise du Mans, t. IV, p. 375, sv. — (À'ia lessenihle beaucoup ;\ l'iiistoriette des Allemands sur la hache (le saint Wdlfgang [supra, p. 475).

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