‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 206 sur 632 · MITRE · texte numérisé non relu

MITRE

représenté avec une mitre et une croix épiscopale renversées à ses pieds, parce qu'il refusa l'archevêché de Reggio (enCalabre) que le pape voulait lui faire accepter.

Le même motif a fait placer la mitre près de saint Thomas d'Aquin , de saint Joseph Calasanz et de saint Bernardin de Sienne; mais pour ce dernier, qui avait

Saint Bernardin de Sienne.

refusé trois fois la dignité^' épiscopale , il est presque toujours peint avec trois mitres placées à côté de lui (Cf. Auréole, p. 96).

Nous avons parlé de la mitre lydo-phrygienne, persane, etc., sous les titres Bonnet et Encensoir (à propos de saint Zacharie). Cependant, comme les mitres ou tiares asiatiques ne sont pas sans utilité pour reconnaître quelques saints personnages dans les monuments, certains détails de plus ne gâteront rien à ces premières données. Ainsi, en voilà une autre forme beaucoup plus semblable au bonnet phrygien.

Il s'agit des rois

Mages venant ado- .1^^^^^^^ X\ i'^'' l'enfant Jésiis;

et ce fragment de crosse du xi'' siècle a déjà paru dans les Mélanges d'Archéologie (t. IV, Crosses, fig. 82).

Avec ceci et ce que nous avons dit ailleurs on sera désormais passablement informé sur les sujets analogues.

Mais attendu que les peintres et statuaires des divers âges gardent mainte surprise à qui aborde l'un d'eux sans comparer plusieurs époques entre elles, on ne nous saura pas mauvais gré d'avoir multiplié les renseignements; d'autant que l'antiquité ellemême varie beaucoup en ce point. A qui regarde les diverses figures asiatiques représentées avant Jésus-Christ ou dans les monuments chrétiens, il viendra en l'esprit que les artistes n'ont pas toujours eu la même intention quand ils coiffaient ces têtes de façons un peu différentes. Je crois que plusieurs auront prétendu reproduire le haïk ou le beurnous des arabes, avec le capuchon qui préserve la tête des coups de soleil; d'autres voulaient peindre quelque chose comme le bonnet pointu des Persans modernes, ou la haute coiffure conoïde des princes et des dieux de Ninive (Coïoundjic) ; peut-être aussi un autre couvre-chef plus propre à la Basse- Asie. Donnons donc encore, d'après une peinture des catacombes ^ ( du cimetière de Saint-Pontien , via Portese ) , les saints Abdon et Sennen Persans , couronnés par Notre-Seigneur lui-même (Cf. Groupes, p. k51 , etc.). Certains espagnols, plus patriotes que sensés, ont prétendu les attribuer à Cordoue "-. Mais Rome était un peu mieux informée depuis le temps de Dèce. Aussi voit-on que nos deux martyrs portent des vêtements où il est clair que l'on a voulu rappeler leur origine orientale, et qui fait voir une fois de plus comment on entendait en

1 Apud Boiio, Roma soileranea, p. 133. Cf. AA. SS. Jul., t. VII, p. 130, etc.

'2. Cf. Nie. Antonio, Censura de liislorias fabulosas , libr. VI, cap. III (p. sg.).

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