‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 205 sur 632 · MITRE · texte numérisé non relu

MITRE

articles Bonnet phrygien et Tiare expliquent absolument tout ce qui serait utile en ce genre pour un livre comme le nôtre; et certaines médailles antiques, arméniennes surtout, coiffent les princes d'une mitre fort semblable à celle de nos évêques du moyen âge. D'ailleurs on se procure aujourd'hui sans peine des manuels d'antiquités (comme le Diclionnaire de Bich) où les renseignements surabondent. 11 suffirait donc à la rigueur de nous borner cette fois, et encore sans grandes recherches, à la mitre ecclésiastique. Cependant ne laissons pas ignorer à ceux qui auraient peu pratiqué le moyen âge, que la mitre latine désignait alors les pontifes de la Synagogue, tout comme les évêques chrétiens. Aaron et les princes des prêtres portent donc à cette époque la coiffure épiscopale de nos jours. Cela dure che.'! nos artistes jusque vers la fin du xvi" siècle, et les vieux vitraux en donneraient maint exemple.

Que la mitre soit un insigne de l'épiscopat, qu'elle ait été accordée vers le xn^ siècle à la dignité abbatiale, que sa forme ait varié à diverses reprises, ce sont des questions archéologiques qui n'entrent point nécessairement dans mon sujet, et dont j'ai dit quelque chose à propos de Yépiscopal et de la a-osse. Nous n'aurons donc à mentionner ici que les mitres accompagnant un personnage qui semble n'avoir aucun autre insigne de prélature: comme les évêques qui ont abdiqué leur siège, ou les saints qui se sont dérobés à la charge pastorale par humilité.

Le nombre est grand des saints prélats qui ont fui les sollicitudes du gouvernement d'un diocèse, pour embrasser l'obscurité de la vie religieuse ; on nous pardonnera bien de ne pas en dresser la liste complète : bornonsnous à nommer quelques-uns de ceux dont l'abdication est le plus fréquemment rappelée par les artistes. Ce sont SAINT HiDULPHE archcvêque de Trêves , saint Claude archevêque de Besançon, saint Juste de Lyon, etc., dont les noms ont trouvé place sous le titre Ermites. Communément on les reconnaît à une mitre placée près d'eux dans la cellule oià ils s'étaient confinés.

Saint Materne évêque de Tongres se voit souvent avec trois mitres près de lui, par la même raison qui le fait représenter avec trois églises sur la main. Cf. Églises, p. 336.

Saint Nicolas de Myre et saint Servais sont parfois peints recevant leur mitre de la main des anges. Cf. Anges, p. 36, sv.

Plusieurs autres se voient refusant la mitre qu'on leur présente, pour exprimer les difficultés qu'ils opposèrent à leur élection (comme par exemple saint Isidore de Séville; et saint ânthelme de Belley, ci-dessus, p. /(96, sv.) ; mais ce refus a été si fréquent parmi les saints, qu'on n'en saurait faire une caractéristique bien reconnaissable.

Ailleurs on a peint un saint évêque arrivant dans sa ville épiscopale, et auquel le peuple présente les insignes

de sa dignité. Cela peut encore donner l'occasion d'un tableau, mais le moyen de savoir bien au juste quel est le prélat dont il s'agit? En ce cas, comme il faut qu'un

Saint Bnmu.

évêque ait des mitres de diverses couleurs, selon l'occasion; deux ou trois mitres présentées à l'arrivant, donneront lieu de soupçonner une intention très-spéciale. Mais il ne s'agit réellement que d'une réception offlciell,' faite à tout nouveau prélat.

Saint Bruno fondateur de la Chartreuse, a été çà et là

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