‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 236 sur 632 · Les Vies des Saints de la Bretagne armorique, p · texte numérisé non relu

Les Vies des Saints de la Bretagne armorique, p

4. Si l'on me demandait ce que la sœur de saint Guennolé avait à faire en une indication de calendrier, je dirais qu'elle avait bien droit de figurer avec son frère dans les anciennes peintures comme donatrice du manoir de Lesguen (Curia alha) qu'elle lui céda. Plus tard, en voulant expliquer h la fois la présence de la sœur et la compagnie de l'oie, l'imagination celtique aura brodé la narration

Jaira, que les commentateurs ne paraissent pas avoir encore identifiée bien certainement avec un des affluents de l'Allier. Or on sait que le mâle de l'oie s'appelle en français jars, et cet oiseau ne serai(-il pas un artifice mnémotechnique pour rappeler le lieu où avait été pris notre saint ?

Saint Guennolk (Guingalois, Guignolé, etc., etc.) abbé de Landevenec (Cf. Fonlaine, p. Zt21 ; etc.). On lui attribue le miracle suivant. Sa sœur courant après des oies sauvages, aurait eu l'œil arraché, avalé même par un de ces oiseaux. Le saint y trouva remède en éventrant la bête pour retrouver l'œil de sa sœur et le remettre en place. De quoi ni la jeune fille ni l'oiseau ne se trouvèrent plus mal par la suite qu'avant l'accident. Ce récit breton' a un air si étrange, que j'aime beaucoup mieux l'interpréter sans l'admettre tel quel. Saint Guennolé est fêté le 3 mars ; et Voie de fève, comme on dit, arrive du midi en Écosse au commencement de mars pour s'éloigner sur la fin d'avril. L'oie sauvage proprement dite s'y abat au lieu de sa ponte, vers le commencement d'avril. 11 y a donc, selon la température variable des automnes et des printemps, ou selon l'espèce des diverses oies, motif pour rattacher leur passage à plusieurs saints disséminés entre septembre et novembre ou février et mars Ajoutons que dans nos climats, quelques-uns de ces oiseaux trouvent moyen de passer absolument l'hiver çà et là; ce qui devait être bien plus fréquent lorsque la population était moins dense, et le régime des eaux moins modifié par les progrès de la culture.

Sainte Wéréburge vierge, fille d'un roi des Merciens etabbe-sse; 3 février, v. 700. Sa légende raconte que comme elle était dans son domaine de Wedon, une des habitations royales du Nortiiamptonshire , une nuée d'oies sauvages s'abattit sur ses champs. Avertie de cette invasion qui menaçait gravement la récolte , la jeune princesse dit au paysan qui lui en apportait la nouvelle, d'amener la bande d'oiseaux'*. Là-dessus, allant trouver les oies, cet homme leur dit : (( Venez-vous-en vers ma maîtresse, et vous trouverez à qui parler. » En vertu de cette injonction , les pauvres animaux s'en allèrent très-piteux jusqu'à la cour du château sans qu'aucun songeât à prendre son vol. Arrivés là, ils poussèrent de grands cris comme pour obtenir qu'on leur

que nous venons d'analyser rapidement. M. le vicomte de la Villemarqué (Légende celtique, vie de saint Kadok ) fait observer que le cygne, dans la poésie armoricaine (comrne en Irlande, du reste) annonce le, retour du soleil, les beaux jours et les événements heureux. Serait-ce grandement offenser les vieux artistes armoricains que de les soupçonner d'avoir un peu confondu les différentes espèces du genre anas, dont le cygne fait partie? D'ailleurs le cygne, comme l'oie et le canard, passe et repasse en troupes par nos régions chaque année; gagnant le midi dès que la gelée va se faire sentir, et retournant au nord vers le mois de mars. Il peut donc avoir eu pour les artistes ou les poètes, comme pour les peuples, la même signification que ses congénères.

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