OIE. — OISEAUX
éviter ce mauvais pas il n'est point nécessaire de recourir à trop d'artifice; faisons tout simplement observer que cette sainte est souvent confondue avec son homonyme du 21 novembre; or cette fois nul ne dirait qu'il ne s'agisse pas de l'hiver car je ne voudrais pas répondre que je n'aie jamais confondu moi-même l'une des deux Amalberges avec l'autre. Les Bollandistes y ont trouvé bien des embarras-, malgré leur expérience et le nombre des matériaux dont ils disposaient à la lin du xvn" siècle.
Il y a aussi un saint Waldebert abbé de Luxeuil ( 2 mai, 655) dont on raconte une aventure merveilleuse avec les oies sauvages ^ Mais outre que l'époque de sa fête ne dérangerait pas énormément les aperçus généraux qui dominent tout cet article, il faut savoir qu'on l'a échangé (entre autres) avec un saint Walbert de Meaux, frère de saint Faron (28 octobre), dont la translation se fêtait le 26 avril ; nous retombons donc sur la même excuse que tout à l'heure.
Non pas que je prétende écarter tout récit, contemporain surtout, qui ne cadrerait point avec ma théorie précédente; elle n'en subsiste pas moins dans bien des cas, et semble conserver une certaine valeur pratique quand même on la tiendrait pour exagérée.
Quant au canard proprement dit et à la sarcelle, je n'ai pas vu qu'ils fussent beaucoup allégués comme caractéristiques de saints. Mais on peut bien croire que ces congénères de l'oie auront vu leurs titres absorbés par l'autre. L'émigration des diverses tribus voyageuses du genre anas coïncident d'ailleurs sensiblement, pour qui n'y regarde pas de trop près.
OISEAUX
Assurément le titre que j'inscris ici après les oies, n'annonce pas de grandes prétentions à une méthode scientifique. J'avoue que le coq (et h poule), Y aigle, lacolornbe, le corbeau, la cigogne (et la grue), le faucon, le paon, le cygne et Y oie dont nous venons de parler, ont droit de prendre place parmi les ovipares à plumes. Mais cette fois, sous un nom plus général, je veux introduire les oiseaux petits et grands <iui n'ont pas trouvé leur rang ailleurs ; soit parce qu'ils n'offrent pas de caractères généralement bien appréciés par le commun des hommes, soit parce que la légende les montre se groupant en bandes très-mêlées près de quelques saints.
Sans déroger donc aux articles inscrits en d'autres parties de ce livre, logeons à cet endroit bon nombre de
champ de notre sainte, fût une manière d'exprimer lu troupe de démons qu'elle mit en fuite en se dérobant aux poursuites de Charles Martel à travers la Hcsbaie. Cf. Ibid., p. 97. \. AA. SS., ibid., p. 72, sq.
2. Ibid., p. 73; 83-88. — 3. AA. SS. Maii, t. I, p. 278. 4. Cassian., Collai. XXIV, xxi, et not. in li. 1. (Arras, 1028^ in-fol, 1). 876). — Ang. Gazel, l'iahilaria. Eic.
volatiles que les naturalistes sépareraient. Le tout, encore une fois, sans préjudice pour les titres spéciaux qui peuvent renseigner plus directement et avec plus d'égards pour la classification ornithologique.
Saint Jean l'ÉvaxXGéuste (Cf. Calice, p. 172; etc.), une perdrix sur la main. Tout le monde connaît, je pense, ce trait rapporté par plus d'un ancien auteur *. Le vénérable vieillard fut rencontré par un chasseur qui parut scandalisé de le voir caressant une perdrix en manière de passe-temps. Le saint qui s'aperçut de cette surprise, dit au chasseur: u Mon fils, je suppose que vous gardez toujom's votre arc bandé, pour éviter la peine de le tendre quand vous en avez besoin? — Non, répondit l'autre, l'élasticité de mon arme se perdrait bientôt quand elle aurait pris définitivement sa courbure. — Eh bien, reprit l'apôtre, l'esprit de l'homme ne s'arrange pas mieux d'être constamment tendu. »
Saint Kentigerne, évêque après avoir été moine (Cf. Cerf, p. 184). La légende écossaise prétend que dans son enfance, ayant été chargé de nourrir l'oiseau de son professeur, il arriva que la bête eut le cou tordu par une méchante espièglerie de ses condisciples. L'écolier, en grand danger d'être battu, pria Dieu de rendre la vie à l'animal et fut exaucé -.
Saint Aldebrand , évêque de Fossombrone; 1 mai, v xu'^ siècle. 11 avait observé durant toute sa vie une rigoureuse abstinence, et ses jeûnes étaient presque quotidiens. Sur ses vieux jours on s'avisa de lui servir une perdrix; mais il donna ordre à l'oiseau de s'envoler, et fut obéi^ Ses biographes racontent aussi (AA. SS., ibid.) que comme il prêchait dans sa cathédrale,. les cris des hirondelles troublaient l'auditoire; mais sur l'ordre de révêque, elles cessèrent leur babil.
Le Augustin de Gazothis dominicain, évêque de Zagrab, puis de Nocera; 3 août, 1323. 11 était de Traù en Dalmalie ; et de Hongrie où il était missionnaire, il fut appelé à Rome pour y être sacré évêque. Le saint pape Benoît XI qui avait vécu avec lui dans l'ordre de Saint-Dominique, et qui voulait le remettre d'un si long voyage, lui fit servir de la volaille à son repas. Mais Augustin ne voulant pas se départir de son abstinence ordinaire, obtint de Dieu que les oiseaux s'envolassent (comme si le plat eût été un nid, dit l'historien) et que des poissons prissent leur place''. Nous avons déjà vu plus d'un fait semblable (Cf. Écacllc, Mets, etc.), et nous en rencontrerons encore ci-dessous.
Saint Fructueux, évêque de Bragùe (Cf. Cerf p. 183). On raconte que voulant se dérober aux hommages du