GROUPES (QUATRE A QUATRE
Femmes.
Les trois Maries (comme disaient nos pères), c'est-àdire les trois saintes femmes qui se rendirent au tombeau de Notre-Seigneur avec des parfums, le matin du jour de Pâques. L'Évangile (Marc, xvi, 1, etc.) nomme Marie-Madeleine , Marie mère de Jacques ( ou femme de Cléophas), et Salomé. Cette dernière a fini par être appelée Marie -Salomé dans le langage populaire, à cause de certaines difficultés que présentent les textes évangéliques au sujet de trois Maries réellement nommées, mais non pas au sujet du saint sépulcre^
Comme beaucoup de vieux monuments reproduisent volontiers cette scène où la femme semble prendre sa
Les saintes myrophores.
revanche du rôle malheureux qu'elle s'était donné dans le paradis terrestre, j'en veux reproduire un échantillon du XI* siècle, où l'art grec confine d'assez près au latin.
1. Ceci est affaire aux commentateurs; cju'il me suffise d'indiquer Maldonat (m Matth., c. xx, xxviii) et Corn. Jansenius {in Concurd., cap. cxLiii-cxLv). Cf. AA. SS. Aprd., t. I, p. 815, sq.
Quant à la persuasion populaire sur les trois Maries, nous avons déjà vu (p. 352, sv.) celles qui passaient pour être filles de sainte Anne. Ici on savait, d'après l'Évangile, que la Mère de Dieu n'avait pas été visiter le saint sépulcre à la fête de Pâques. Mais sainte Madeleine était censée y compléter le nombre des trois Maries. Citons à ce sujet une prose quelque peu boiteuse des vieux missels de Passau et de Salzbourg, qui mêle les deux groupes :
« Gaudeamus liodie, Sorores egregiaa
Immensa3 Itetitia! Anuae duos filias
Laudes extollantur; In cœlis coronantar.
C'est la copie d'une miniature dans le manuscrit (jadis à la Grande Chartreuse, aujourd'hui au Brilish muséum), exécuté pour Mélisende de Jérusalem. Les trois saintes femmes y portent leurs aromates dans des espèces d'a/caras«s pour traduire Yalabaslrum, et l'es linges du tombeau de Jésus-Christ affectent une sorte de pli que j'ai fait remarquer à pareille occasion ailleurs {Mélanges d'Archéologie, t. 111, p. 31 ).
On ne sera peut-être pas fâché d'en retrouver la forme sur cet émail où le saint sépulcre apparaît comme glorifié par les chrétiens, et décoré en manière de chapelle. ''\ Mais il y faut aussi tenir compte des embarras que l'exécution de l'émail, champlevé ou non, entraînait dans la pratique.
Sainte Flavie Domitille et ses deux sœurs de lait. Cf. Épée, p. 371 ; etc.
Les SAINTES Don ATiLLE, Maxime et Seconde. Cf. Gril, p. /i52.
Les SAjNTES Milburge , Mildrède et Milgithe sœurs, et filles d'un roi des Merciens (vii* siècle).