‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 406 sur 632 · PONT · texte numérisé non relu

PONT

^AiNT Cado {Caclocus, Canocus, Cawg, etc.) m Cambhie, évêque, dit-on, mais au moins abbé; 1 novembre, V. 580. On raconte de lui en Armorique que, quittant la Ciande-lirelagne, il vint fonder un monastère dans une petite île entre Port-Louis et Auray, à remboiichure de l'Estell. Les gens du pays s'y rendaient volontiers; et le saint voulant leur faciliter le passage, réunit sou île au continent par un pont de pierres qu'il lui fallut recommencer après un premier essai malheureux. Mais comme il réussit à la seconde fois, et que ce travail sembla uHM'veilleux aux gens du pa\s,cela donna lieu à une de ces histoires qui se répètent dans diverses contrées au sujet de ce que l'on appelle les iionls da diable. On dit donc (pie le démon avait démoli la première construction; et (pie saint Cado, le trouvant occupé à cette méchante (cuvre , lui demanda ce qu'il voudrait pour le bâtir lui-même. Le Malin promit de s'en charger à condition (le pouvoir saisir la première âme qui traverserait ce |miit. La chose faite, le saint vint au-devant du démon comme pour visiter les travaux avant d'en accepter livraison, et laissa échapper de sa manche un gros chat qu'il y tenait caché. Satan ainsi trompé, ne reparut' plus dans le pays-.

On représente donc dans certaines images populaires, I • saint sui' son pont, et mettant son cliat dans la main du diable, qui attend une récompense. Sous le litre Serpent, nous rapporterons une autre curiosité de la iiiêuie biographie, et qui pourrait bien n'être encore (|ue l'indication de guerre faite à Satan.

Les SEPT PREMIERS ÉvÈQUES d'Esi'agne (CL Ciroiipes . p. /|70, sv.), di.sciples de saint Jacques le Majeur et martyrs; 1 mai, temps apostoliques. Un pont s'écroule sous

L AA. SS. Jun., t. Il, p. 724, sq. — Die Lerjend dis hsyligcii Va- '2. H. de La Villeniarqiié, Léçipnde relliiue. S. Kadok. — IVcx di-s

ters Fraiwisri, mi capitel; etc. Saints de la liretajne, p. OliO, sv. Cf. Ibid., p. .M!).

l'ONT.

leurs eiinoinis. Les livres liturgiques d'Espagne s'accordent à rappeler- le fait que voici, comme arrivé près de Cadix. Réunis en corps et récemment débarqués, ils envoyèrent leurs disciples acheter des vivres à Cadix. Ceux-ci, reconnus pour chrétiens, s'enfuirent devant la populace ameutée qui les poursuivait. Ils allaient êli'e atteints, lorsqu'un pont s'écroula derrière eux, entraînant les païens dans sa ruine. Une dame riche, frappée de cette protection merveilleuse sur les serviteurs de Dieu, voulut les entendre; et devenue chrétienne, elle fonda le premier baptistère cpie semble avoii' eu la péninsule hispanique'.

ToiiQUAT demeura dans le pays de Cadix, et ses six compagnons allèrent chacun évangéliser une province. Le beau recueil de VEspana sagrada traite à plusieurs reprises (t. 111, IV, VII, VIII, X, XII et XIV) l'histoire de ces hommes apostoliques, et i)rouve fort bien que ce n'est pas là de ces légendes soi-disant primitives remises aujourd'hui en honneur avec plus de zèle parfois que de science.

Saint Eugène, dont on fait le premier archevêque di; ToLKDE et que l'on prétend fêter le 15 novembre, se voit aussi sur un pont. Était-ce pour le mettre en compétition 'avec les sept premiers évoques d'Espagne, ou bien a-t-on voulu rappeler l'un des ponts du Tage? Le fait est qu'il est parfois peint bénissant la ville où l'on veut qu'il ait siégé ^.

Saint Laurent, évêque de Siponto; 7 février, commencement du VI* siècle (v. 5/t5). Je crois le reconnaître dans un saint évêque qui traverse un pont au galop en bénissant de la main droite'. Il me faudrait être beaucoup plus au courant des faits locaux que je ne le suis, pour dire si cette image renferme un jeu de mots (sur la dénomination de Siponto) comme nous en avons en France, ou si l'on a prétendu y rappeler la victoire des Sipontins contre les Napolitains du temps de cet évêque qui l'avait prédite. Peut-être aussi voulait-on

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