RACINES
J'ai dit à propos des Ermites que bien souvent pour indiquer leur régime pauvre, les peintres ont placé dans leur cellule des racines plus ou moins grossières qui servaient de nourriture à -ces solitaires. Ce n'est qu'un accessoire qui ne mérite pas précisément que nous lui consacrions aucun article particulier.
RAISIN ET VIGNE
Nous n'avons pas à parler du symbolisme qui a fait entourer plusieurs fois de pampres et de grappes la croix de Notre-Seigneur; ou qui montre çà et là le Sauveur sous un pressoir, par allusion à divers textes de l'Écriture et des saints Pères. Ce n'est pas non plus le lieu de dire pourquoi la très-sainte Vierge tient souvent une grappe de raisin. Je ne saurais trop répéter que les attributs des saints suffisent amplement à grossir un volume, sans épisodes pris hors de cet unique sujet. Tenons-nous-en donc étroitement à ce que promettait la première page de ce livre, assez de faits nous échapperont malgré le soin pris pour répondre à ce simple engagement.
JosuÉ avec Caleb, comme chefs des explorateurs envoyés par Moïse pour reconnaître la Palestine (Num. xiii, 3-3i; XIV, 1-38), portent habituellement la grosse grappe de raisin qui fut montrée aux Israélites comme échantillon de la fécondité du pays (Ibid. xiii, 1h, sq. — Deut. i, 23-38). Selon le récit de la Bible, un gros bâton, dont chaque extrémité pèse sur l'épaule de l'un des porteurs, soutient l'énorme fruit. Les saints Pères n'ont pas vu là seulement le fait tout pur que nous venons de rappeler',
pas fort en état de bien établir une distinction qui serait cependant utile pour savoir quel est le véritable saint Rufin patron d'Assise; ou même quel est celui dont j'ai parlé déjà sous le titre Cercueil (p. 182), d'après saint Pierre Damien. Cf. AA. SS. /mL, t. VII, p. 150-154.
5. Il en est question dans la prose parisienne citée précédemment p. 197, note 1. Cf. AA. SS. Januar., t. I, p. 138.
6. Le fait est raconté par une des Visitandines auxquelles Louis XIV fit donner l'abbaye, lorsqu'il réunit l'Alsace à la France. Cf. Année sainte des religieuses de la Visitation (18G7), t. III, p. 327.
7. Vitraux de Bourges, Étude I, figure D, n" 1; texte, n»' 30, 31, etc. (p. 50, etc.).
RAISIN ET VIGNE
ils nous y indiquent Jésus-Christ montré aux deux peuples de l'Ancienne Loi et de la Nouvelle. L'un, tout en le portant par les figures liistoriques et les prophéties, ne le voit qu'à peine, et ne comprend pas bien le sens de ce qu'il est chargé d'apprendre au monde ; l'autre (le peuple chrétien ') ne tourne pas le dos à la grappe : il la voit, et possède l'intelligence complète de ce qui lui est enseigné. Ceci revient à ce que nous disions tout à l'heure, de la croix portant des pampres et des raisins, etc. ; mais l'indication sommaire que nous venons de donner, peut certainement suffire en cet endroit.
Saint Urbain pape. Cf. ci-dessous (même page) Urbain, évêque de Langres.
Saint Sixte II (Xystus), pape et martyr; 6 août, 250. Je ne me souviens pas de l'avoir vu représenté tenant du raisin. Mais une indication donnée par M. Adalbert Daniel - porterait à supposer que cette caractéristique a pu être attribuée à ce pape, parce que plusieurs diocèses de l'Allemagne avaient coutume de faire bénir ce jour-là les prémices de la vigne. II était même d'usage de dire la messe alors avec le jus exprimé du raisin nouveau. Chez nous, cela se pratiquait surtout pour la fête de son diacre saint Laurent (10 août); peut-être pour obtenir que le raisin fût bien cuit par le soleil (Cf. supra, p. 281, 452, 664); peut-être aussi en mémoire des paroles qu'il adressait au pape en réclamant le droit de l'accompagner au martyre, lui qui l'avait toujours assisté dans la consécration du précieux sang ^.
Saint Maxime (ou Maximien), évêque de Nole. A l'occasion de saint Félix (Cf. Épaules), on a vu ce saint prélat exténué par la faim et porté sur le dos d'un prêtre qui veut le disputer à la mort. Comme il s'agissait de le ranimer, et que rien ne se trouvait sous la main de saint Félix, Dieu permit qu'une grappe de raisin se rencontrât sur un buisson. Au moyen de quoi l'évêque, réduit à l'extrémité par les privations, put reprendre ses sens ^ et être transporté dans un lieu oii les soins nécessaires lui furent prodigués.
Saint Urbain, évêque de Langres ; 2 avril et 23 janvier, v^ siècle (ou saint Urbain P% pape; 25 mai, 230). L'évêque champenois semble avoir dérobé en certains lieux le patronage de la vigne, primitivement attribué au pape. En tout cas, l'un et l'autre sont représentés par-
1. Quand les noms des deux porteurs sont (jcrits, c'est communément Josué qui marche le regard dirigé sur la grappe. Son rôle comme successeur de Moïse, et son nom presque identique à celui de Notre-Seigneur, le désignaient bien pour figurer la nouvelle Loi.