‹ Caractâeristiques des saints dans l'art populaireChapitre 530 sur 632 · TÉTE ENTAMÉE, ETC · texte numérisé non relu

TÉTE ENTAMÉE, ETC

mntiqucs russes, qui lui fendirent la tête d'un coup de hache'.

Le paysan russe, comme jadis le Scandinave, portait assez habituellement une hache en manière d'outil quotidien , et s'en servait pour ses vengeances aussi bien que pour toute autre besogne.

On a représenté d'une façon quelque peu semblable SAINT Thomas de Caintorbéry (Cf. Chasuble, p. 206; etc.), parce qu'il fut assassiné au pied de l'autel à coups d'épée et eut le crâne fendu. Cependant je ne vois guère ce genre de représentations adopté avant le xiv'= siècle ou le xv^.

Nous avons indiqué ailleurs (Cf. Autel) divers saints, évêques surtout, que l'on voit peints aussi de la sorte.

Saint Fiiièle de Sigmaiingeii.

Saint Pierre de Vérone (ou saint Pierre martyr^), dominicain (Cf. Assassinat, p. 89). Le plus souvent on le représente avec un sabre qui lui a fendu la tète et qui demeure dans la blessure , comme si l'assassin venait

1. Sa vie latine a été réimprimée récemment (Parisiis,18G5) par les soins du P. Martinof, avec la gravure que je dois comme lui aux PP. Bollandistes (AA. SS. April., 1. 1, p. 790). Là le vêtement indique une modification du costumu basilien, adoptée par les uniates (lUitliènes catlioliques), depuis le wi" siècle. INotre saint y porte aussi lauréole, et non pas le nimbe, parce qu"jl n'était pas encore solennellement canonisé. Cf. supra, p. hll , sv.

Ajoutons une autre caractéristique du même saint,, que j'ai connue trop tard. Les uniales paraissiMit avoir i)eint plusieurs fois Tliomme de Dieu portant un calice avec lequel il se retourne vers le peuple

de s'échapper en laissant son arme. Mais ]can de Fiésole (l'Angelico) se contente bien des fois de montrer le crâne du martyr sanglant et entamé. Sous la première forme, saint Pierre de Vérone a été reproduit très-fréquemment, parce que c'était un type qui recommandait aux respects des lidèles le premier martyr donné à l'Église par l'institution des inquisiteurs de la foi.

Un motif analogue a consacré aussi la peinture de SAINT Fidèle de Sigmaringen capucin, premier martyr de la Propagande; 2/i avril, 1622.

Il prêchait dans le canton des Grisons, et fut assommé par des paysans luthériens qui lui avaient laissé croire qu'on écoulerait volontiers sa prédication. On lui brisa la tête à coups de massue; et l'on a imaginé parfois de peindre l'instrument encore appliqué sur les plaies. Nous nous sommes ronienlé d'indiquer la principale blessure, conformément à une estampe ancienne.

Saint Ange carme, martyr (Cf. Couronne, p. 278), a plusieurs fois reçu cet emblème aussi ; quoique çà et là on le représente avec une épée enfoncée dans la poitrine.

Le André Bobola, prêtre de la Compagnie de Jésus ;^ 23 mai, 1657. Tué par les schismatiques russes à ianow [jiès de Pinsk, il avait subi d'atroces tortures avant de mourir. Plusieurs gravures déjà anciennes le montrent a\ant un sabre enfoncé dans le crâne et dans l'un de ses poignets, pour exprimer quelque chose des cruels traitements qu'il éprouva de la part des Cosaques orthodoxes avant de rendre l'âme entre leurs mains.

Page 1