‹ Caractères et récits du temps: La garde mobile. La comédienne CornéliaChapitre 15 sur 21 · LES MIRÉES DU BORD]. 9S · texte numérisé non relu

LES MIRÉES DU BORD]. 9S

ma mémoire avec quelques fragments de mes prières, voilà toute ma science sacrée ; mais j'aime précisément dans le catholicisme les deux choses sur lesquelles portent les reproches qu'on lui adresse d'ha^ bitude^ la pompe de ses églises et Thommage qu'il rend aux saints. On va sans cesse répétant que la nature est le temple le plus digne de Dieu ; personne ne peut contester que le paysage qui estsous nos yeux ne l'emporte, en effet, sur tout ce qui peut être bâti parles hommes. Je dirai ceci tout simplement, c'est que le catholicisme ne se refuse pas le moins du monde à mêler, lorsqu'il le peut, les magnificences de la nature à la célébration de ses mystères. Quelquefois des prêtres ont suivi nos colonnes, et la messe alors a été dite sous le ciel. Vous savei, comme moi, docteur, quel effet les messes célébrées ainsi ont toujours produit sur nos soldats. Alors qu'au nom de la tolérance votre parti emprisonnait et tuait les prêtres, quelques croyants, sur les côtes de la Bretagne, ont été quelquefois entendre dans des bateaux la messe que célé-> brait un prêtre proscrit Aucun catholique ne s'imagine que ses ministres ne puissent, en plein air, s'unir aussi complètement à Dieu que sous les voûtes d'une cathédrale ; mais nous sommes forcés d'avoir des temples, comme nous sommes forcés d'avoir des villes : eh bien I je trouve, pour ma part, fort à propos qu'on cherche à réunir dans ces temples l'or, les fleurs, l'encens, la peinture, tout ce que cette terre a de plus

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précieux. les musulmans se departout daas leurs mosquées de rhabitueUe délicatesse de leurs goûts. D'ordinaire» leurs msâsons jà*oSv&at que de«iiQid€^ murailles au dehors , .et présentent .à rintéric^ur jnille .recb€U*ches; les murs de leurs mosquées ^ au contraire». sont couverts defestons, tandis que Vmtérieur en est plus nu que celui d'un teinple lutbérieQ. Dans le pays catholique par excellence, en Itsypagne , les églises sont, comme Tâme du juste, suaples atO dehors, pleine^ de splendeurs au dedans.

En définitive, l'éclat de l'or, l'harmonie de rorgue, les parfums de l'encens, viennent aussi lûen de IMea que la grandew des montagnes, la transparence da ciel et la mystérieuse étendue de la mer. Si l'or, l'encens et l'orgue peuvent donc nous être parfois des ailes pour nous emporter vers Dieu, je croi&qnenous ne devons pas i;epousser leur «ecours ; mais ce qui voos irrite encore plus, docteur, que la pompe du catholicisme, c'est Testpèce de cour céleste dont nous entott-* rons Dieu. Je SiUissûr quel'bonunagere&dttauxsaints vous atteint dans votre foi polUique. Il est eontraire à régalité, n'est-ce pas? Heureusement noius m tixiw* verons pas l'égalité dans l'autre mon4e plus 4iue4ai» celui-ci. Il y a dans la ciité céleste un livre d'or. Travaillons dès à présent pour que nos noms y soieot inscrits un jour.

— Mon cher Plenho, dit le docteur, je craiaa bien, de n'être qu'un roturier làn

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