TRAITEMENT DE L.\ FIN DE MOT
nable. On opère avec des formes grammaticales, suspectes par leur nature même d'avoir subi des actions analogiques.
D'autre part, les fins de mots sont soumises à dos influences varices : la fin de mot se trouve dans des positions difTérentes suivant les cas : à la pause, devant un mot avec lequel le mot est lié ou devant un mot avec lequel il n'y a pas de liaison, devant une voyelle ou devant une consonne, et le traitement peut encore varier selon le caractère de la consonne suivante. Le sanskrit, où la fin du mot est notée de façons diverses selon l'initiale du mot suivant, donne une idée de cette variété. Enfin le traitement n'est pas nécessairement le même pour un même mot dans tous les cas ; car l'importance du mot n'est pas toujours la même dans la phrase ; si le mot a un rôle dominant, il est prononcé plus lentement cl plus distinctement; s'il a un rôle accessoire, il est prononcé plus vite et avec moins de soin; ces différences se manifestent en particulier dans les finales parce que la position finale, débile par nature, rend les éléments qui s'y trouvent sensibles à tous les accidents. Contre la variété de formes de la finale pour un même mot la langue est amenée à réagir; pour un même mot, pour un même type grammatical, elle tend à fixer l'une des formes, souvent celle qui s'adapte le mieux phonétiquement à l'ensemble des cas. El le type phonétique fixé n'est pas néces-
Consonnes finales 8i
sairement le même dans tous les mots. Il ne faut donc pas s'attendre à rencontrer dans les fins de mots . des correspondances phonétiques aussi régulières que celles que l'on observe dans le reste du mot.
On se bornera par suite à indiquer ici des tendances générales, qui se laissent reconnaître, et Ton s'abstiendra de poser des règles absolues, qui auraient chance d'être fausses.
Les consonnes finales de mots ne comportaient pas d'explosion en indo-européen ; elles se réduisaient à l'implosion par laquelle la voyelle de la syllabe finale est arrêtée. Il est résulté de là que ces consonnes ont tendu à s'éliminer ; quand elles ne se sont pas éliminées, elles présentent des traitements souvent particuliers.
La seule occlusive sur laquelle on ait des données est l'occlusive dentale. Tout comme les dialectes italiques, le germanique n'a connu qu'une sorte de dentale finale. Dans les monosyllabes où l'occlusive s'est maintenue, cette dentale est la sourde *-t qui, suivant les règles de mutation, représente un ancien *-J ; on a donc, en face du nominatif-accusatif "singulier neutre skr. tât (jàd devant sonore) « ceci » et lut. is-liid: V. isl. fat, v. sax. that, v. h. a. da^\ le gotique a fat-a, avec addition d'une particule -a. De même, à lat. qtiod « quelle (chose) » répond v. isl. huai, V. sax. (Jj)ival, v. h. a. (Jjywa:^. Une dentale
A. MlilLLEr. 6