‹ Caractères généraux des langues germaniques [microform]Chapitre 25 sur 75 · TRAITEMENT DE LA FIN DE JIOT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA FIN DE JIOT

finale de polysyllabe s'amuit dans tous les dialectes ; en face de skr. bhâret « puisse-t-il porter ». on a got. bairal « qu'il porte », v. isl. bere, v. h, a. bere.

La sifflante -s (-:() est fréquente à la fin des mots en indo-européen. Les témoignages concordent pour établir que le germanique commun représentait la sifflante finale indo-européenne par la sonore *-;^. Le gotique^ qui assourdit les spirantes finales, a s au lieu de -:(; le -;( n'y subsiste que dans quelques cas oii il y a une particule suivante, étroitement liée dans la prononciation, et oii des lors le :(, traité comme à l'intérieur du mot, s'est maintenu. Le nordique a fait du *-^ final une -r, qui est notée dans l'alphabet runique par un signe spécial, distinct de celui qui note une r ancienne ; la transcription usuelle est -"; en vieil islandais il y a Vr ordinaire. En germanique occidental, le *-;( final s'est amui dans tous les polysyllabes, et il n'a subsisté que dans des monosyllabes, sous la forme -r. Un nominatif singulier i.-e. ^ghoslis (cf. lat. hostis « étranger, ennemi ») aboutit ainsi à got. gasts « hôte y), V. norr. run. -gastiR, v. isl. gestr, v. angl. giesi , v. h. a. ^^^7. Pour la conservation de -^ en gotique et de -r en vieux haut allemand, on peut citer des formes de l'interrogatif-indéfini et -des (Mmonstratifs : en regard de lit. hàs, skr. Mh, le gotique a hiuas « qui » (bii'a:(- dans hwa/^-iih « chacun »), et en regard de lat. quis, ancien iranien cis, le vieux hau

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allemand a (h)îc'i'r; en regard de lat. is, le gotique a is (et /-- dans /:(-6'/ « qui », relatif), et le vieux haut allemand a cr. LV de v. h. a. (b)îver et er a passe en allemand à la l'orme nouvelle thèrj d'où cierj qui sert de nominatif au démonstratif //;a- correspondant à got. f>a-, cf. skr. ta-, etc., et de là à la flexion « forte » des adjectifs masculins.

La nasale linalc se présente en indo-iranien et en italiqne sous la forme -m, dans les autres langues sous la forme -;/. Cette nasale ne se maintient en germanique que dans les monosyllabes, après une voyelle brève; on a par exemple got. hwan « quand » = lat. quoin et got, '^an « alors » = lat. îum ; on a, à l'accusatif masculin singulier, en regard de skr. hiiii « celui-ci », V. isl. fan, v. sax. ihan, v. h. a. dcii (avec un changement de voyelle par analogie), et, avec addition d'une particule, got. fan-Uy v. angl. don-e, v. sax. than-a. Dans les polysyllabes, la nasale finale s'amuit; ainsi en regard des nominatifs-accusatifs singuliers neutres dont la finale est skr. -a}n, lal. -uDi, et gr. -on, v. prussien -an, on a -a en vieux norrois runiquc, par exemple borna « corne ».

Le traitement qu'ont subi les voyelles en syllabe finale a clé de plus grande conséquence que celui des consonnes. En effet ces voyelles ont tendu à subir un abrègement, qui a conduit les brèves à s'amuir, les longues à s'abréger. Dès lors, les syllabes finales ten-

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dant à perdre leur voyelle cessaient d'exister par elles-mêmes ou se réduisaient, et tout l'aspect général du mot était changé. La tendance à Fabrègement des voyelles de syllabes finales n'est pas propre au germanique; elle se manifeste aussi par exemple en slave commun, en lituanien, en latin. En germanique, cette tendance naturelle a été augmentée par rintensité des initiales. La destruction des voyelles de syllabes finales a donc commencé de bonne keure, et elle n'a plus cessé de se poursuivre, si bien que le développement du germanique est dominé par cette élimination progressive, qui continue actuellement encore.

En germanique commun, il y a lieu de croire que les voyelles brèves des syllabes finales subsistaient complètement. Néanmoins, aucun texte, pas même les plus anciennes inscriptions runiques, n'a conservé un a ou un / final de mot; ainsi au prétérit, où la !'•' personne du singulier était en *-a (gr. oida (.<■ je sais ») et la 3*' en *-^ (gr. oide « il sait »), le vieux norrois runique a déjà iimn « j'ai pris », qui a perdu un *-a final, et f^af (n il a donné », qui a perdu un *-/ final (ancien *-e) ; la finale *-r// du présent des verbes est déjà -î{> en vieux norrois runique, comme en gotique.

Dans la mesure oii les formes sont attestées, le vieux norrois runique conserve encore à peu près toutes les voyelles brève» des syllabes finales là où elles

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