TRAITEMENT DE LÀ FIN DE MOT
norrois runiquc, d'abord -or : runoR « runes », et plus tard -ur : riinaR', -ar est la forme du vieil islandais.*
Devant la nasale finale, on a le même traitement ^ sauf en vieux saxon et en vieux haut allemand ou apparaît -Oj on ne sait pourquoi. Le génitif pluriel est en -âm en sanskrit, en -d;î en grec; or, on a got. gibo « des dons », v. angl. giefa, \.s8iX.geho, et, de même, v. isl. saka « des choses ».
En finale absolue, Vî des féminins tels que skr. brhatt « haute » est abrégé; le gotique même a des formes comme f ri jondi « amie », avec -/ bref final. Et nulle part il n'y a trace de -î dans ce type en germanique.
Dans les subjonctifs qui répondent exactement au type v. lat. sîs, sîl (plus tard sii)^ on a -î à la 2*= personne du singulier, -/ à la S*' : got. hundeis « que tu ais lié », mais biindi « qu'il ait lié » ; le v. h. a. biintls, hiinti explique le contraste : au lieu de la désinence *-5 attendue dans cette forme, certains dialectes germaniques ont emprunté le représentant de l'ancien "^-si du présent, tandis que la 3*^ personne gardait le représentant de *-it ; en eflet '^-s finale ne se rnaintient pas en germanique occidental, on le sait; le vieux saxon a aussi bundis] mais le vieil anglais a le bunde attendu.
Tous ces faits sont compliqués et délicats. Pour le sort ultérieur du germanique, ce sont de simples curiosités. Car, avec le temps, les longues finales se
PROGRÈS DE l'altération DES VOYELLES FINALES 89
sont loulcs abrégées : on ne trouve que des brèves en vieil islandais et en vieil anglais. Puis, dans tout le germanique occidental, longues et brèves se sont réduites à un type vocal ique uniforme et neutre, en général noté t. Celle voyelle neutre tend à ne plus se prononcer. En anglais, elle a disparu de la prononciation et même de récriture : là oii le germanique commun avait *hhida}îa(n), puis bindan (état du vieil allemand et du vieil anglais), l'anglais a simplement hiud, tandis que l'allemand a hinden. Les voyelles des syllabes finales du germanique commun n'ont pas été seules à être altérées, on le voit ; quand l'abrègement de ces voyelles en a eu déterminé ramuïssement, la voyelle inaccentuée de la sylllabc précédente, se trouvant en syllabe finale, a subi à son tour les mêmes mutilations, et, en anglais, la même destruction. Ce simple fait suffit à indiquer à quel point les finales se sont réduites progressivement en germanique occidental, et surtout en anglais.