‹ Caractères généraux des langues germaniques [microform]Chapitre 29 sur 75 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Pour donner une idée complète du développement de la phonétique germanique, il faudrait signaler encore quelques détails du germanique comnum et quelques particularités, soit du germanique occidental, soit du nordique. On laissera ces faits de côté, pour ne pas noyer les lignes d'ensemble.

Ces innovations particulières, dont quelques-unes ont été notées incidemment au cours de Texposé, ont d'ailleurs contribué à augmenter encore la dilTérence qui s'est établie entre le type indo-européen et le type germanique.

Tous les éléments du système phonétique indoeuropéen ont été ou transformés ou gravement modifiés en germanique. Souvent ils ont changé de valeur par le fait qu'ils ont pris place dans un ensemble nouveau. Une r ou une/ du germanique continue les mêmes phonèmes de l'indo-européen ; mais ces liquides ont pris un autre caractère parce

CONCM SION 9 I

qirelles ont cessé d'alterner avec les formes vocaliqncs *f^ */.

Pas un des éléments du système indo-européen n'est resté en germanique exactement ce qu'il élait. Les conservations exactes de formes, là où l'on croit au premier abord en entrevoir, sont trompeuses. La prononciation germanique difiere du tout au tout de la prononciation indo européenne.

MORriIOLOGIE

CTîAPlTnî- rnKMÎRR

EFIETS DES CHANGEMENTS DE LA PUONONGIATION

Les nouveaiitcs phonétiques qu'a introduites le germanique étaient de nature à bouleverser le système grammatical et à changer le caractère de la langue.

Deux de ces nouveautés ont eu une influence décisive : rintensilé initiale et l'altération des finales.

Pour le comprendre, il suflit de se représenter ce qu'était la structure grammaticale de l'indo-européen.

D'une part, l'indo-européen comportait des syllabes toutes égales entre elles en valeur significative, distinguées par une durée plus ou moins longue et par le degré de hauteur de la voix dans la partie vocalique. Aucune syllabe ne jetait dans l'ombre les syllabes voisines. Ainsi tous les éléments du mot étaient clairs.

D'autre part, les moyens d'expression de la grammaire indo-européenne étaient au nombre de trois : dos éléments suffixes, dits suffixes et désinences —

(jO KIIETS DÈS CHANGEMENTS DE LÀ PUONOXCtATlOV

des alternances portant sur la partie vocalique de chacun des trois éléments constitutifs du mot, racine, suffixe et désinence — des variations de place du ton. Par exemple, dans le présent du verbe « aller » qui ne comporte pas de suflixe et qui a seulement une racine et des désinences personnelles, la flexion est 1''*' pers. sing. "^éi-ini, V" pers. plur. ""i-més, comme on le voit par skr. éirii, imàh, gr. dorien clmi, înies (cette forme n'a pas la place ancienne du ton).

L'intensité initiale et la forte altération des finales tendaient à ruiner ce système.

On reviendra, dans le prochain chapitre, sur ce que le germanique a gardé des alternances vocaliques, qui étaient Fun des principaux moyens d'expression delà morphologie indo-européenne. De l'intensité initiale, il résultait que ces alternances, qui en indoeuropéen jouaient dans toutes les parties du mot, ont gardé en germanique un tCàg notable seulement dans la première syllabe du mot, qui était la syllabe radicale. Le jeu des alternances dans la flexion a ainsi été détruit.

L'élimination du ton, qu'a ruiné l'intensité initiale, supprimait un autre procédé de la grammaire indo-européenne, procédé dont les A^ariations de place de l'accent en lituanien et dans certaines langues slaves, le russe et le serbe, notamment, donnent encore une idée.

Restaient les désinences. Mais Faltéralion des lina-

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