ABRÉVIATIONS
Dans les ouvrages de grammaire comparée, il est d'usage de faire précéder chaque mot cité d'une indication abrégée marquant la langue à laquelle appartient le mot. La plupart de ces abréviations sont claires et se résolvent aisément. Voici les" principales de celles qu'on a employées ici :
ail.
allemand.
indo-européen.
angl.'
anglais.
irl.
irlandais.
arm.
arménien.
isl.
islandais.
comm.
commun.
lat.
latin.
germ.
germanique.
lit.
lituanien.
got.
gotique.
sax.
saxon.
gr-
grec.
skr.
sanskrit.
il, a.
haut allemand.
vieux.
D'autres abréviations se i laticaux *
apportent
aux termes gram
nom.
nominatif.
sg-
singulier.
ace.
accusatif.
plur.
pluriel.
gén.
génitif.
pers.
personne.
etc.
cf. signifie « comparez »
XVI ABREVIATIONS
L'astérisque indique une forme non attestée, restituée par hypothèse pour la clarté de l'exposition.
Un petit trait placé avant ou après une forme indique que cette forme n'est pas citée au complet; si, par €xemple, on cite une désinence -m, on la fera précéder d'un trait, pour marquer que l'élément radical n'est pas donné.
Le signe >> indique le passage d'une forme plus ancienne à une plus récente : p >>y indique le changement d'un ancien p en /.
r)ES LANGUES GERMANIQUES
I^T[lODUCT10N
Le groupe des langues germaniques fait partie des langues indo-européennes. Mais, parmi ces langues, il présente un aspect tout particulier.
On est convenu d'appeler a indo-européennes » toutes les langues qui, comme l'indo-iranien, le grec, le latin, le celtique, le slave, sont des transformations diverses d'un original commun, dit indo-européen.
La communauté d'origine se reconnaît à ce que ces lan*îues concordent à beaucoup d'égards ; et c'est en observant les concordances qu'on arrive à restaurer, [)ar hypothèse, mais de manière sure, Toriginal commun, non attesté, des diverses langues indoeuropéennes. La grammaire comparée des langues indo-européennes a pour premier objet de faire la théorie de ces concordances.
Mais, dans les formes attestées des langues du A. Meillet. I
groupe, les traits concordants ne sont que des survivances. Aucune de ces langues, même dans ses dialectes les plus anciennement fixés par écrit, n'offre une image exacte et complète de ce qu'était le système indo-européen. Les védas et les gâlhâs de l'Avesla offrent déjà pleinement le type indo-iranien, les védas sous forme indienne, lesgâthas sous forme iranienne; les poèmes homériques sont tout à fait du grec. Or, ce sont, de beaucoup, les plus anciens monuments des langues indo-européennes, et les plus archaïques.
Dès la date la plus ancienne, chacune des langues du groupe se présente avec un système propre. Les éléments avec lesquels a été construit ce système sont indo-européens. Mais le système est nouveau. Il convient donc d'examiner chaque langue pour mettre en évidence ce qu'elle a de spécial.
Il ne faut pas s'arrêter aux changements réalisés. Les changements acquis sont intéressants, en tant qu'ils servent de points de départ pour la suite de l'histoire de la langue. Mais ce qu'il convient de rechercher avant tout, ce sont les tendances qui dirigent le développement; il faut reconnaître, pour ainsi dire, les principes actifs du changement. On se borne trop, bien souvent, à constater que, à tel état de choses indo-européen, telle langue répond par un autre état. Les changements qui se produisent résultent presque toujours de grandes tendances. Ces tendances agissent avant de se manifester, et elles continuent d'agir