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CHAPITRE III GHAISGEMENT DU TYPE GRAMMATIGAL

Aucune langue indo-européenne connue à dalc aussi basse que le germanique n'a fidèlement conservé le type grammatical de l'indo-européen commun. Même le sanskrit védique, l'iranien des gâlhâs de l'Avesta ou le grec homérique n'en donnent déjà qu'une idée affaiblie. Le germanique, troublé par l'intensité des initiales et l'affaiblissement des finales, a transformé un système grammatical aussi délicat, aussi extraordinairement compliqué que l'était celui de l'indo-européen.

Toutefois, le germanique commun, qui a encore peu subi l'effet de l'altération des finales, offre une flexion d'aspect relativement archaïque. Get archaïsme, encore très sensible en vieux norrois runique et en gotique, diminue rapidement avec le temps. Aucun dialecte germanique occidental n'est connu sous une forme archaïque, encore voisine du type germanique commun.

LE THÈME ET LE MOT tît

Le trait essentiel du système indo-européen consiste en ceci que le mot n'y existe jamais sans une caractéristique grammaticale particulière. En français, il y a un mot « maison » ; en indo-européen, il y avait une forme du nominatif singulier, gr. démos « maison », skr. ciâmah] une forme de l'accusatif singulier, gr. dômon, skr. dâiiiani; une forme de l'accusatif pluriel, gr. dômoHS, skr. dâmàn; etc.; rien ne signifiait « maison », sans une caractéristique grammaticale. De même il y avait un nominatif singulier, gr. patér, lat. pater, skr. pità] un datif singulier, gr. palri, lat. patrî, skr. pitre] etc.; il n'y avait nulle part une forme signifiant simplement « père ». — On nomme « thème » l'élément qui porte le sens du mot et auquel s'ajoutent les désinences qui marquent le nombre, le cas pour le nom, la personne pour le verbe, etc. Mais les thèmes n'existent pas isolément ; ils n'apparaissent qu'avec des formes particulières de la flexion; des « thèmes » comme *dônio- ou *p^tér' ne sont pas des « mots » comme fr. maison ou père] et d'ailleurs leur vocalisme varie suivant les formes; ainsi, il n'y a pas *domo-j mais *domo- ou *dome-; il n'y a pas *pnér-, mais *p9tér-j *pdtèr-, *pnr- {*p^tr')y etc.

De là vient qu'on reconnaît toujours, et du premier coup, à la seule inspection de la forme, si un mot indo-européen donné est nom ou verbe. Les formes du nom sont, en effet, tout à fait distinctes

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de celles du verbe. La langue germanique qui présente le développement le plus avancé, l'anglais, ne dislingue, au contraire, presque plus, extérieurement, le nom du verbe, et, comme on l'a déjà noté, un mot tel que love signifie à la fois « amour » et « aimer » suivant les petits mots qui y sont joints et suivant la façon dont il est employé dans la pbrase.

Des les plus anciens monuments qu'on a du germanique, la flexion est simplifiée.

Des catégories entières sont tombées, comme dans les autres langues indo-européennes.

Ainsi le nombre duel est remplacé par le pluriel dans la flexion nominale, et le duel ne demeure distinct du pluriel que dans les formes verbales et les pronoms personnels, en vieux norrois runiquc et en gotique. Ces restes d'emploi du duel s'éliminent à leur tour, et ni le vieil islandais ni les dialectes germaniques occidentaux n'ont plus de formes du duel dans le verbe. Il n'a subsisté de traces du duel en germanique occidental ancien que dans le pronom personnel. Enfin la catégorie du duel s'élimine absolument.

De même, dans le verbe, il y avait en indo-européen deux modes opposés à l'indicatif, à savoir le subjonctif et l'optatif; le germanique en garde seulement un, qu'on nomme subjonctif et qui repose surtout sur l'optatif indo-européen.

Dans le verbe, la distinction du parfait et de

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