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LE VERBE INDO-EUROPEEN

(lirai » (dtcês « tu diras »), dtcèbam « je disais » ou (le aniô « j'aime », amàbô (ï j'aimerai », amàbaniy et, de l'autre, le groupe de dîxl « j'ai dit », dîxerô « j'aurai dit », dlxerani (( j'avais dit » ou amàuî (( j'ai aimé », amàtierô (( j'aurai aimé », aniâuerani (( j'avais aimé ». La conjugaison d'un verbe latin est ainsi quelque chose de rigidement déterminé pour le sens comme pour la forme.

Si, au contraire, on examine un groupe verbal indo-iranien, on voit que, de chaque racine, apparaissent des formations multiples, toutes indépendantes les unes des autces, et dont aucune ne permet de prévoir au juste ce que sera telle ou telle autre. Les formations de présent sont d'une extrême variété : skr. àsti (( il est », dàdâti « il donne », hhinàlti (( il fend », vindàti (( il trouve », prnàti <( il emplit », strnôti « il étend », bhàrati « il porte », ttuiàti « il heurte », pàçyali (( il voit », prcchâti « il interroge », mrriàti « il broie » fournissent des exemples chacun d'un type distinct, et l'on n'a tenu compte ni des intensifs comme nénekti « il lave » , ni des désidératifs comme ninitsati (( il veut outrager ». Une même racine peut d'ailleurs fournir plusieurs présents; ainsi le sanskrit a à la fois bhàruti et bibharti (( il porte », le grec à la fois tuénô et niinuiô « je reste », le latin à la fois slô « je me tiens debout » et sisiô (( je m'arrête » ; etc. Aucune forme de [)résent ne permet de prévoir s'il existe un aoriste ou

un parfait, ni quelle est la forme de cet aoriste. Par suite, les verbes tirés de noms au moyen d'un snfli\c de dérivation ne comportent jamais qu'un seul thème, qui est un thème de présent. Par exemple un présent sanskrit dérivé d'un mot signifiant « maître » (cf. skr. pâlil; « maître »), pâtyate « il est maître de » (à rapprocher du lat. potïtiir « il s'empare de ))), n'est accompagné ni d'un aoriste, ni d'un pareil, ni d'un futur ; on n'a que le présent skr. pàlyalc.

La comparaison des autres langues, et, en particulier, du grec homérique, montre que le verhe indo-iraniea ancien représente fidèlement le type indo-européen dans ses traits généraux. Il y a une conjugaison en grec ancien, et, sous des formes plus simples, en lalin, en irlandais, en lituanien, en slave, en arménien, etc. Mais les particularités de structure de la conjugaison varient d'une langue à l'autre; la conjugaison s'est fixée indépendamment dans chaque langue indo-européenne. On ne peut donc expliquer la conjugaison d'une langue en la rapprochant de celle d'une autre langue du groupe; il faut toujours se reporter au type du verbe indo-européen, avec des thèmes strictement autonomes, rattachés directement à la racine verbale, ou avec un thème unique, s'il s'agit d'un verbe dérivé.

La conjugaison germanique est l'une de celles dont le type est le plus arrêté. Elle est simple, et ses for-

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