LE TEMPS
trois temps : présent, passé, futur, où il y a, par exemple, dans le groupe de V « inlectum », dïcô «je dis », dîcèham «je disais », et dicarn « je dirai », et, dans le groupe du « perfectum », dîxl « j'ai dit », dixeram «j'avais dit » et dïxerô « j'aurai dit », le germanique ignore toute expression du futur. Kt, au cours deleur développement, les langues germanicpies ne sont jamais parvenues à se donner un fut^r net. L'expression du temps est restée limitée à l'opposition du présent (dont les formes rendent aussi le futur) et du passé.
Le thème du présent germanique étant affecté au temps, l'usage indo-européen d'avoir un prétérit exprimant une action qui a duré dans le passé à côté du présent exprimant une action qui se développe dans le présent, ainsi grec éleipon « je laissais », à côté de leîpô « je laisse », a été éliminé. Le germanique ne connaît rien de pareil à l'imparfait grec ou sanskrit, ou à l'imparfait latin, qui du reste est une forme nouvelle.
En indo-européen, oii le thème verbal exprimait Faspect sous lequel l'action est envisagée, chaque thème avait un impératif; ainsi le grec oppose l'impératif présent hipc « sois en train de laisser », à Fimpératir aoriste lipe « laisse » (purement et simplement). En germanique, seul Fimpératif présent subsiste; il y a donc un impératif got. bînd « lie », salho « oins » en face des présents binda « je lie »,
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salbo « j'oins ». En regard des prétérits band « j'ai lié » et salboâa « j'ai oint », il ne saurait y avoir d'impératif.
Dans une langue comme l'indo-européen où le mot existe seulement avec une forme grammaticale particulière, un infinitif qui sert à indiquer l'idée générale du verbe, indépendamment de toute catégorie grammaticale, n'avait guère de place. Mais, avec le changement de type, un infinitif s'est constitué en germanique, comme dans la plupart des langues. Et, comme le présent n'exprimait plus un aspect particulier du procès, l'infinitif a pu être rattaché au groupe du présent. Il a donc été créé des infinitifs, appartenant pour la forme au groupe du présent, mais qui au fond ne sont ni présents ni passés, et qui expriment l'idée générale du verbe : got. bindan « lier » , salbon « oindre ».
Le germanique a encore simplifié le système verbal en éliminant l'opposition des désinences actives et des désinences moyennes. Suivant le rapport de l'action exprimée avec le sujet, on employait en indoeuropéen les désinences actives ou les désinences moyennes : l'actif gr. kipô signifie « je laisse », le moyen gr. leipomai « je laisse pour moi » ou « je suis laissé ». Le germanique a connu cette opposition; le gotique l'emploie encore au présent, oii les anciennes désinences moyennes expriment le passif: bairij>, qui répond à skr. bhàrati « il porte », a ce même sens;