‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 103 sur 589 · Cf. Vitraux de Bourges, n» 140 (p · texte numérisé non relu

Cf. Vitraux de Bourges, n» 140 (p

Les Espagnols eux aussi doivent bien avoir cru à l'existence du pauvre Lazare, puisque dans leurs poésies populaires sur le Cid, comme dans sa clironique rimée, ils racontent l'apparition du saint mendiant à ce héros. Le Campéador rencontrant un lépreux, lui avait fait partager sa couche. Durant son sommeil saint Lazare lui promit un succès assuré dans toutes ses entreprises. Le Cid se réveillant ne trouva plus le lépreux, et comprit qu'il avait eu affaire à un habitant du ciel. Cronica rimada {Romancero gênerai, t. Il, p. 637) : c En llegando à la orilla del vado, estava un pecador de mal.ito;

A todos pediendo piedat que le passasen el vado.

Los cavalières todos escopian, é yvanse d'el arredrando ;

Rodrigo ovo d'el duolo, et tomôlo por la mano.

So una capa verde aguadera passôlo por el vado,

En un mullo andador que su padre le avia dado.

So la capa verde aguadera alvergô el Castellano el malato. E en siendo dormiendo, a la oreja le fahlô el gapho :

Mensajero so de Christus, que non soy malato. San Lasaro so, a ti me ovo Dios enbiado,

que te sea membrado

Quantas coiaas comensares, arrematarlas con tu manu

Rodrigo despertà, o fue mal espantado ;

Cat6 en derredor de ssy, e non pudo fallar el gapho.

Membr61e daquel sueâo, e cavalgô muy privado. »

Cf. Ibid., t. I, p. 487, sgg.

bOh

LÉPREUX. — LIÈVRK.

cliquent' , el couclié à la porte du mauvais riche où les diiens viennent lécher ses ulcères.

Saint Job sur son fumier a été peint fréquemment surtout vers le xvi* siècle, parce que ses cruelles ulcérations (Job II, 3-8) l'avaient fait invoquer par les malheureux atteints du mal vénérien.

Saint Léon IX, ])ape. Cf. LU.

Saint Gaugery (Goéry, Géry, etc.), évêque de Cambrai (CL Dragon, p. 318). Guérissant un lépreux païen qu'il convertit, et qui devint prêtre. Le saint n'était alors que diacre; et ce miracle lit éclater sa vertu aux yeux de tout le monde. Aussi n'avait-on pas manqué d'en conserver le souvenir dans un des bas-reliefs qui ornaient sa châsse'.

Saint Poppon, abbé de Stavelo; 25 janvier, 10^8. 11 avait porté les armes; et après avoir pris l'habit religieux, il fut chargé de l'hôpital qui était près de l'abbaye. Dans cet emploi, il guérit un lépreux en mettant sur ce pauvre homme la couverture de son propre lit*. , Saint Guenkolé {Wimoaloeus, etc.), abbé de Landevenec; 3 mars, v. /i48. Un jour qu'il était accompagné de saint Elhbin diacre de son monastère, ils rencontrèrent un lépreux auquel ils rendirent charitablement service; et qui disparut au milieu d'une grande lumière, après leur avoir fait entendre ces paroles : « Puisque vous ne m'avez pas rebuté sur la terre, je ne vous rebuterai pas dans le ciel'. »

Saint Ethbin (CL Ermites, p. 381). Compagnon de saint Guennolé dans le fait qu'on vient de lire, il en donnait tout l'honneur à son abbé, qui de son côté prétendait que la merveille était due aux mérites du saint diacre^

La B'" Aleyde de Sciiaerbek, cistercienne à La Cambre; 11 juin, 1250. Elle devint lépreuse; et par compensation, reçut du Ciel diverses grâces extraordinaires. Aussi les Belges la peignent-ils s' entretenant avec son bon ange, ou délivrant les âmes du purgatoire, etc.'

ayant été un peu rapetissé par le xv' et le xvi« siècles qui en ont fait un emploi moins élevé, l'art s'est permis de l'appliquer au moins une fois à de simples servantes de Dieu. 11 s'agit de sainte Justine d'Antiociie ou de Nicomédie (CL Démon, p. 310, etc.). Là il y a bien quelque confusîon des anciennes données du symbolisme, mais il faut convenir que l'application ne manque pas d'un certain à-propos. Si l'on ne s'est plus rappelé que la licorne indiquait jadis la puissance indomptable qui s'abandonne à une jeune fille (c'est-à-dire la force souveraine du Fils de Dieu qui se renferme dans le sein de Marie), on se souvenait du moins passablement que les temps antérieurs y avaient vu le trésor de la virginité d'une part, et la vigueur invincible de l'autre. En conséquence on a placé la licorne près de la sainte pour montrer qu'elle avait mis en déroute tous les efforts de l'enfer. Saint Cyprien d'Antioche ( le magicien ) rappelle alors ce qui avait été dépensé d'artifices et de sortilèges, mais en vain, pour venir à bout de cette chasteté inexpugnable*. Somme toute, c'est un symbolisme détourné, mais dont la signification persiste suflisamment.

J'ajoute, pour valoir autant que de raison, que l'on a prétendu reconnaître saint Firmin martyr (CL Épée, p. 366), au portail deSaint-Riquier,dans un évêque ayant à ses pieds deux licornes; attendu que les armes de la ville d'Amiens ont deux licornes pour supports. Cela se peut, sans que j'en veuille répondre ; mais ce sont des caractéristiques qui ne sauraient être comprises hors d'un territoire assez étroit. Elles ne peuvent donc devenir populaires dans une grande partie de la chrétienté. C'est pourquoi je me contente des indications souvent un peu vagues que l'on aura pu lire sous le titre Armoiries; et, l'on peut se le rappeler, je n'ai pas voulu y donner autre chose qu'une direction générale dont les applications demanderaient presque un livre.

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