‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 102 sur 589 · LÉPREUX · texte numérisé non relu

LÉPREUX

Dans les monuments du moyen âge, cette espèce de maladie n'est pas seulement caractérisée par les taches qui couvrent la peau, mais aussi par la cliquette, instrument formé de trois ou quatre lames de bois destinées à produire par leur percussion réciproque un bruit qui avertis.sait les passants de se garer. Que l'antiquité eût connu ou non ce moyen d'avertissement, les artistes ne s'en mettaient pas en peine ; en cela comme presque en tout le reste, ils appliquaient à tous les temps ce qu'ils avaient chaque jour sous les yeux. Cela même a son intérêt , sinon pour ce qu'ils veulent dire, du moirts pour ce qu'ils disent sans y songer.

Saint Lazare, le lépreux de l'Évangile (Luc. xvi, 19-26). Plusieurs veulent que le récit des misères de ce pauvre mendiant, si négligé par le riche avare, ne soit qu'une paraljole. Le moyen âge n'a généralement pas mis en doute que la leqon donnée ainsi aux Juifs par Notre-Seigneur ne reposât sur des faits réels ; l'ordre de Saint- Lazare et le mot ladre qui est resté dans notre langue montrent bien que l'on ne prenait point le mendiant de saint Luc pour une abstraction". On le trouvera donc plus d'une fois dans les vitraux ou les miésels, tenant sa

1. I Tim. V, 5 : ic Quœ autem vere vidua est et dcsolata... » — Cf. AA. SS. Januar., t. 11, p. 717. — Hieronym. Epist. xxviii (éd. Martianay, t. IV, P. ii, p. 66). Cf. Ibid., cpist. liv (p. S87, sq.|.

2. Hieronym. Hpisl. \\n (éd. Martianay, t. IV, P. ii, p. 5i-59). Cela ne l'empêche pas de la louer ailleurs en déclarant que nulle mère ne l'égalait dans l'amour qu'elle éprouvait pour ses enfants. Cf. AA. SS. Januar., t. II, p. 713.

3. Une liymne des vêpres, publiée dans la collection de M. Mone (t. m, p. 44<5), exprime à peu près ce qu'ont représenté beaucoup d'artiste* :

•r O Mater fleodo gradiens, Pleluquc spargens semina (Ps. cxxv, 5-7); Sed exultanter rediens, Mundo ferens charismata. *

Mais une prose attribuée au célèbre Adam de Saint-Victor (apud L. Gautier, OEuvres poétiques d'Adam de Saint-Viclor, t. Il, p. 463, svv.) a bien d'autres accents, sans avoir tout à fait le ton d'Adam : ft Félix iml>er lacrymarum, Quo etTuIsJt tam prmclaram LuineD in Bcclejiia !

Ilulto fletu Mminavit Germen ubi reportavit Met«ns ÎQ lœtitia.

Plus accepit qnam palivlt ; O quam miro tune gestivit Spiritus tripudio I Cerneos natum fide ratant, * Sodet Christo jam tacratum

Toto menti» itudio. i

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