LIÈVRE. — LINGE
d'une de ses petites pièces de vers (lui sont souvent si , heureuses; et le biographe du saint le raconte à peu près comme témoin oculaire'. Mais le grand évêque de Tours est tellement connu dans l'art d'une autre façon, que représenter ce fait, serait dépayser la dévotion populaire.
Saint Anselme de Cantorbéry (Cf. Apparitions de l'enfant Jésus, p. 55). On raconte de lui quelque chose de tout semblable : un lièvre poursuivi par les chasseurs s'était jeté entre les jambes de son cheval; et l'homme de Dieu arrêta sa monture pour ne pas ôter cet asile à la pauvre bête*. Comme les chiens s'arrêtaient et que cela prêtait à rire à quelques assistants, le saint homme dit : « Ne voyez-vous pas que c'est chose plus sérieuse qu'il ne vous semble? C'est là ce qui arrive à l'âme quand elle sort de la vie, et que les démons l'entourent pour lui interdire toute voie de salut. » Là-dessus il écarta les chiens, et vit avec plaisir le fugitif regagner ses bois.
Une autre fois le même saint fit des réflexions analogues sur la force des mauvaises habitudes, en demandant à un enfant de couper le fil qui retenait prisonnier un petit oiseau'.
Le B» Albert de Sienne, camaldule; 7 janvier, 1181. Un jour qu'il travaillait dans la campagne, un lièvre qui était près de lui se laissa prendre ; et plus tard le même animal , poursuivi par les chasseurs , se réfugia vers l'homme de Dieu qui le fit entrer dans sa manche, jusqu'à ce que les chasseurs fussent partis. Alors il lui laissa le champ libre pour regagner son gîte. On dit que comme ses confrères semblaient vouloir profiter de ce giljier, il leur répondit : Nous ne nous sommes donné aucune peine pour le prendre, et il ne nous a fait aucun mal, de quel droit nous l'attribuerions-nous*?
Les saints ont souvent montré leur affection, en pareil cas, pour les pauvres petites créatures de Dieu que l'homme s'amuse à poursuivre ou à tourmenter en manière de passe-temps, aussi aurais-je bien pu (ou même dû) citer à cette occasion sainte Cathebine de Suède (Cf. supra, p. 189). Ce qui en a été dit pour une biche ou une daine, appartient réellement à son histoire; mais je ne saurais allirmer si les ima^ers du vieux temps avaient en vue. l'un ou l'autre trait. On raconte donc que, comme elle traversait un bois pendant que son époux chassait, la daine pressée par les chiens se jeta vers notre sainte qui obtint congé pour cette charmante bête'.
La B" Orinoa, augustine; 10 janvier ou 18 février,
1310. Comme elle fuyait ses frères qui voulaient absolument la marier, un petit lièvre vint à sa rencontre , el lui fit trouver le chemin de Lucques où elle prit service avant de se faire religieuse'.