‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 107 sur 589 · LINGE, DRAPERIE · texte numérisé non relu

LINGE, DRAPERIE

Un linge couvrant les mains élevées est un signe de respect qui persiste pendant plusieurs siècles dans l'art chrétien. Souvent les mains drapées ainsi portent une couronne, une offrande quelconque devant un personnage céleste, comme venant de la recevoir, ou pour demander permission de lui en faire hommage. Cela se voit assez fréquemment dans les mosaïques chrétiennes, et subsiste dans la miniature jusqu'à la fin du xii« siècle.

Mais ce qui dure jusqu'à la fin du moyen âge, c'est Abraham tenant des deux mains une draperie dont la capacité est assez vaste pour contenir une quantité de petites figures humaines qui représentent les âmes des justes placées là comme dans le vestibule du paradis. C'est la traduction du langage employé par l'Écriture sainte (Luc. xvi, 22, 23), lorsqu'elle dit le sein d'Abraham pour indiquer les Limbes où tout ce qui était mort en paix avec Dieu jusqu'à l'Ascension, attendait que le ciel fût ouvert aux hommes parN.-S. Jésus-Christ ''. Mais certaines peintures grecques donnant le même attribut à Jacob et à Isaac, il semblerait que l'idée primitive dans cette peinture fût de représenter l'énorme descendance des patriarches*. Peut-être aussi la pensée primitive s'est-elle altérée avec le temps.

Fréquemment, et en particulier sur les tombeaux, on voit des anges enlevant vers le ciel, sur un linge étendu, l'âme du défunt. Cela ne veut pas toujours dire que la béatitude éternelle soit garantie aux âmes ainsi représentées; mais l'Église, qui ne juge pas des choses cachées, aime à croire qu'un fidèle mort dans âa communion aura été reçu au séjour de la paix éternelle. C'est donc une pieuse consolation donnée aux survivants plutôt qu'une assurance, tant qu'il n'a pas été prononcé définitivement sur les mérites du personnage par un jugement public.

Les SAINTS Hemeterius (Madir, etc.) et Celedonius, martyrisés à Calahorra; 3 mars, vers 298. On rapporte qu'au moment de leur supplice, l'anneau de l'un et le linge {orarium) dont l'autre s'était servi pour essuyer la sueur

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