GLOBE
Parmi les figures allégoriques qui ont été employées d'une façon plus ou moins heureuse pour indiquer les actions ou les vertus de quelques saints personnages, on trouve plus d'une fois le mépris du monde désigné sous la figure d'un globe foulé aux pieds; et par une recherche d'invention, ce globe est souvent peint comme de verre. On aura prétendu ainsi montrer la fragilité des biens, des plaisirs et des honneurs que le monde promet. Cela s'est trouvé surtout répété outre mesure, par les artistes du XVII" siècle.
Plus d'une fois, pour indiquer qu'un saint personnage a cultivé la cosmographie, le comput, etc.; ou qu'il possédait toutes les connaissances de son temps, on a placé près de lui des globes céleste ou terrestre, ou une sphère armillaire.
Il ne faut pas mettre en oubli que le globe sur la main est ordinairement le signe de la dignité impériale;
mais cet attribut caractérise aussi les anges des hiérarchies supérieures; peut-être par allusion aux noms de Vertus que porte un des chœurs angéliques, et qui est souvent interprété comme annonçant les intelligences chargées de diriger les corps célestes dans leur cours.
Tout en tenant compte de ces données préliminaires qui pourront nous dispenser de revenir sur bien des personnages compris dans ces désignations générales, commençons par le globe du inonde.
• Saint Dominique, instituteur des Frères Prêcheurs (Cf. Chapelet, p. 200 ; etc.). Le petit chien qui se voit souvent près de lui avec une torche dont il semble se servir pour embraser le monde, a déjà été expliqué sous les titres Chien et Armoiries (p. 215, etc.).
Saint Ignace de Loyola (Cf. Auréole, etc., nom de Jésus, p. 97). On l'a peint quelquefeis contemplant le ciel, tandis que près de ses pieds est le globe du monde dont le saint ne semble pas s'occuper. J'ai donné une explication de cette peinture dans l'article intitulé Banderole, etc., p. 113.
Saint Ladislas, roi de Hongrie (Cf. fiamitècc, p. 116; etc.), est peint quelquefois avec le globe impérial (timbré de la croix), parce qu'il refusa l'empire que lui ofl'raient les princes allemands*. 11 mourut jeune encore (1095), lorsqu'il allait passer en Palestine pour la croisade.
Quant à saint Nicolas de Myre, que les Italiens et les Slaves catholiques représentent souvent avec trois boules d'or sur un livre, nous en avons parlé sous le titre Aumône; et ces trois boules sont censées représenter trois bourses. C'est ce que le catalogue des tableaux du Musée Napoléon III, en 1862, appelait un saint « méditant sur le mystère de la Trinité, etc. »
Globe de feu, ou Flamboyant.
Saint Geiimain, évêque de Capole; 30 octobre, v. 5/i0. Au moment de sa mort, son âme est aperçue par saint lienoît de Norcia qui la^oit monter au ciel sous la forme d'un globe enflammé. Ce fait, selon le choix de l'artiste, peut être considéré comme appartenant à l'histoire de l'un ou de l'autre saint; aussi caractérise-t-il quelquefois le fondateur des Bénédictins, parce que cette vision lui fut communiquée au moment où saint Germain quittait le monde '.
Saint François de Sales [Cf. Banderole, p. 111). Son âme fut montrée à saint Vincent de Paul sous la forme d'un globe lumineux, auquel venait se joindre un autre globe plus petit (sainte Françoise de Chantai) pour aller tous deux se perdre dans une immense sphère de feu (Dieu lui-même) qui les attirait d'en haut^ Ici encore, de même
1. Historiœ plurimorum sanclorum (supplementa ad Legendam auream); Lovan., 1485, fol. ll.j.