‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 140 sur 589 · AA. S8. Jun., t. IV, p. 415, »<i · texte numérisé non relu

AA. S8. Jun., t. IV, p. 415, »<i

5. AA. SS. Mart., t. III, p. 119; 103. Moines ifOccidoU, t. IV, p. 398, sv.

6. Comme cette main céleste est presque toujours bénissante, renvoyons aux Bollandistes (Juniit. II, p. hiii, sq.) le lecteur qui n'aurait pas sufTisamment compris ce que nous disions île la bénédiction grecque (ci-dessus, p. 131).

7. Mélanges d'Archéologie, t. I, p. 2li!-2l7. — 8. Ihid., p. 211.

b-Mi

pour être de l'époque carlovingienne. La main célesle y lient une couronne sur la tôle du Sauveur mourant, en mémoire de l'enseignement de saint Paul (Philipp. Il, 5-11) : « ...C'est pourquoi Dieu l'a exalté, voulant que son nom fût au-dessus de tout nom , etc. »

Le sens de ces paroles est encore serré de plus près sur un sarcophage copié par le P. Martin au musée de Bordeaux, sans autre indication d'origine; en sorte que je ne pourrais dire s'il appartenait primitivement à l'Aquitaine. Là, le chrisme conslanlinien est entouré de la couronne di; laurier que lui décerne une main droite sortant de rideaux enlr'ouvcrts. Ces voiles soulevés, jadis en usage pour le^anctuaire (et persistant encore dans l'Kglise grecque), s'écartent comme pour indiquer un réduit mystérieux où le regard profane n'a pas d'accès, et ils remplacent avantageusement le nuage qui ne se prête pas aux moyens trop matériels dont dispose la sculpture.

Sur quelque autre monument de la même école, le chrisme est encore couronné; mais la main céleste ne se voit plus. Il reste seulement les voiles à demi relevés, comme par une patère ou un nœud de la partie inférieure des draperies. L'intention primitive allait ainsi se perdant pour les spectateurs.

Quant à ce qui concerne les caractéristiques des saints, d'une manière i)récise, disons que cette main (droite*) céleste qui sort d'un nuage ou s'enferme dans un nimbe timbré de la croix-, indique généralement l'intervention de Dieu. Tantôt c'est sa parole', comme sur les sarcophages et dans les peintures grecques, où l'inspiration des prophètes et des saints Pères est marquée ainsi*; et dans les représentations du baptême de Notre- Seigneur, où la voix du Ciel glorifie le Fils de Dieu qui s'abaisse sous la main de saint Jean'*; tantôt c'est l'indication d'un miracle particulièrement signalé". Dans ce dernier sens il n'est pas surprenant que l'on ait employé la main céleste pour indiquer le miracle de chaque jour qui opère la transsubstantiation euciiaristique sur nos autels. Aussi voit-on fréquemment la main divine gravée sur des patènes; et je suis très-porté ;i croire que c'était là le sens primitif de plusieurs peintures, oii la main céleste apparaissait au-dessus d'un autel. Plus tard, quand on perdit le souvenir du symbolisme ancien, l'on aura cru (pi'il fallait chercher (pieUiMe récit ])r()i)re à expliquer cette apparition d'une main pendant la célébration du saint sacrifice.

Pour (pie l'on ne demeure ])as trop dans le vague lorsqu'il s'agira de savoir ce qu'est cette Droite céleste (au moins dans l'Kglise grecque, où elle n'est pas ordinaire-

1. On a pu observer précédciiiinent (p. -i'JT ) fintervcntion céleste exprimée par une main sauc'ie. Mais si grave et pieuse que soit l'estampe qui me servait de modèle, son époque n'était pas fort au courant du symbolisme ancien.

i. L'article iVi'mbe ramènera cette indication drspersonnesdivines.

■i. Mélanges d'Archéologie, ibid., p. 214, 215.

MAIN DIVINE

ment accompagnée du nimbe divin), j'en mets une sous

4. Cf. Menolog. grœc, t. I, p. 80 (Ananic qui baptisa saint Paul), 209 (saint Grégoire d'Agrigcnte ) ; t. II, p. 13 (saint Ambroise de Milan); p. 207 (saint Athanase); etc.

Page 1