MAMELLES, SEIN MUTILÉ
Ce supplice a été infligé mainte fois à des femmes chrétiennes par la férocité des juges idolâtres ; tantôt cette mutilation était opérée avec des instruments tranchants, tantôt on y employait la pression violente d'un coffre dont le couvercle s'abattait pour déchirer les chairs en manière d'étau.
Quelques saintes seulement sont représentées avec les traces de cette barbarie, ou dans l'acte de la subir; et les artistes y ont employé, soit des cisoires, soit des tenailles, ainsi que je l'ai fait observer sous le titre Cisea'jx.
La plus célèbre parmi les saintes torturées de la sorte est SAi-NTE Agathe (5 février, 251), l'une de ces illustres vierges chrétiennes dont il est fait mémoire au Canon de la messe.
Son Office dans le Bréviaire, mentionne à plusieurs reprises, et le tourment qu'elle subit et l'apparition du prince des apôtres qui vint la guérir dans sa prison '. Le plus souvent on la représente portant ses deux seins sur un plateau, mais parfois aussi on la voit ^'■'** oeneièTe,
livrée aux bourreaux dans le moment de cette torture.
Les SAi.NTES Basilisse et Anastasie. CL Mains coupées, p. 537.
Sainte Fébronie, vierge et martyre à Sibapolis en Syrie ;
25 juillet, sous Dioclétien. Elle faisait partie d'une communauté de cin- .
quante vierges chrétiennes présidée par une de ses tantes; et jeune encore, elle attira par sa beauté les regards du gouverneur qui, ne pouvant la faire consentira sa passion, la soumit à des tourments atroces.
Après avoir été battue de verges, elle eut les pieds, les mains et les mamelles coupées. Les bourreaux furent fatigués plutôt qu'elle, et ses supplices se terminèrent par la décapitation.
On attribue également la même torture à Sainte Caluope (8 juin, sous Dèce), qui eut en outre pour couche dans la prison des têts de pots cassés; à sainte Christine (CL Flèches, p. il5, sv; etc.), et même à sainte Barbe. Mais, à vrai dire, sainte Agathe et sainte Fébronie sont à peu près les seules parmi nous autres latins, dont ce soit la caractéristique ordinaire.
Sainte Macre {Macra), martyre a Fîmes près de Reims; 6 janvier, v.
290. Elle passe pour avoir été tenaillée cruellement, puis brûlée avec des charbons ardents, parce qu'elle refusait d'adorer les idoles. D'anciennes représentations allemandes et champenoises lui donnent (comme à sainte Agathe) un livre qui porte ses deux mamelles coupées ou ar-
rachées. Ce peut être un indice de son martyre -
1. Le» saints Pères ont vanté à l'cnvi la glorieuse martyre de Calane. Rappelons du moins ce qu'en dit saint Damase :
f Fortior hœc trucihusque viris, Torta mamilta docet patulo.
Rzposuil ftua meoibra Qagris. Dolici® cui carcer erat,
Pectore quam Tuent valide Pastur ovem Ptïtrushanc recroat.Btr
Cf AA. SS. Februar., t. I, p. 595-656.— Breciar. gothicum, sanctorale, ad vesperas :
< Tu nonc domuni martyr acri us Pectorii papilla toUitur
Afficeria v«rberïbus; Castumque corpus tunditur.
Magniis sod Christi senior Uisrumpil claustra carcoris Reddit papillam integram Curatque omnia Tulnera.
Nam montis iEtcto iacondium Cursu dum rapidissimo
Ad urbom pronum fltM-tilur, Claret puellic merilum.
Tune e sepulcro martyris Plolis sacrum vélum dofcrunl.
Cujus pia prn'sonti.i Hxtiniçuit moi incendia.
Etc. »
'2. Cf. AA. SS. Januar., 1. 1, p. 32J, sc;q.