‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 149 sur 589 · MANTEAU, — MARIE (N.-D · texte numérisé non relu

MANTEAU, — MARIE (N.-D

MANÏKAIJ.

Des saints et des saintes se voient assez souvent revêtus d'un largt! manteau qui enveloppe quantité de |X!tits personnages groupés de la sorte autour de la figure principale comme sous un abri. Ces espèces de clients sont tantôt les compagnons d'un saint dont la gloire domine le souvenir de tous les autres (comme SAINT Maurice pour toute la légion Thébaine, ou sainte Ursule pour la multitude de vierges massacrées avec elle), ou ses protégés (comme autour de la très-sainte Vierge les pèlerins et les dévots quelconques qui se recommandent à son patronage), ou près d'un saint fondateur les disciples de l'Ordre qui lui doit son origine. C'est ainsi, par exemple, que les Ursulines établies par sainte ângèle Merici (27 janvier, 1540) sontparfois peintes sous le manteau de sainte Ursule qu'Angèle leur donna pour patronne.

Ces indications générales pourront absolument suflire pour donner la clef de bien des cas que nous n'aurons plus besoin de mentionner par le menu. Sur un fondement beaucoup ])Uis historique un artiste pourrait faire une belle composition en représentant le saint Columba DES Hébrides (9 juin, 597) qui couvre de son manteau la petite armée de saint Oswald, au moment où ce prince venait recouvrer le trône de ses ancêtres '.

Saint Martin, évêque de Tours (Cf. Appai-ition de Noire- Seigneur, p. 5/t; Aumône, etc.). Au sujet de l'aumône qu'il fil au mendiant d'Amiens, il est bon de remarquer qu'il s'agit d'une espèce de manteau militaire nommé chlamyde , et que les jeunes cavaliers n'avaient que cette ressource pour s'envelopper durant un hiver plus rude que de coutume-.

Saint Goar prêtre (Cf. Auréole, rayons, p. 99). Comme nous l'avons dit, on rapporte le même prodige de divers saints qui auraient suspendu , soit leur manteau, ou tout autre objet à un rayon du soleil par inadvertance.

Saint Haymond de Pknnafoiit , dominicain ( Cf. Clef. p. 228; Eau, etc.). I.e roi d'Aragon voulait l'empêcher de quitter le port de Majorque et avait défendu aux marins de prendre à bord le saint homme. Celui-ci, n'ayant de recours (|u'on Dieu, s'agenouilla sur la plage pour iiivociuer l'aide du Ciel. Puis, étendant son manteau sur la mer, il s'embarqua de la sorte et parvint à Barcelone-'. On le représente coiiiniunénieiit se servant de son bâton en celte circonstance, romnie d'un mât auquel est at-

tachée une partie du manteau qui se gonfle en manière de voile pour l'aider à voguer sur la mer.

Saint François de Paule, fondateur des .Minimes (Cf. Chiffre, p. 220, sv.), passe pour avoir traversé de la môme façon le détroit de Messine, parce qu'il n'avait pas d'argent pour payer son pas.sage*.

On raconte la môme cho.se du B' Albert d'Ogna (Cf. Colombe, p. 242) qui, refusé par les bateliers du Pô, employa le même moyen pour gagner l'autre rive. Des gens du voisinage ayant vu cette merveille et voulant publier la sainteté du pieux paysan , l'homme de Dieu leur enjoignit de n'en rien dire jusqu'à sa mort.

Saint Jules prêtre, patron de l'île d'Orta (Cf. Conslruction, p. 249). On lui prête aussi la traversée du lac d'Orta, sur son manteau"; et dans la même province (qui n'est pas la seule) on a donné le même attribut à plus d'un saint, en quoi il est permis de soupçonner un peu d'émulation entre divers pays qui n'auront pas cru devoir souffrir que leurs patrons fussent inférieurs à ceux du voisinage.

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