‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 163 sur 589 · MÉDECINE ET INDICES DE LA PROFESSION MÉDICALE · texte numérisé non relu

MÉDECINE ET INDICES DE LA PROFESSION MÉDICALE

Au mot Bocal, nous avons parlé du matras que portent assez fréquemment les médecins dans diverses peintures, et qui sert parfois à désigner saint Côme et saint Damien. Les artistes ont eu recours à divers autres emblèmes pour indiquer tantôt la maladie, tantôt ceux qui font profession de la guérir. Ce sera par exemple une petite fiole avec l'étiquette liée à son cou, comme pour indiquer la manière de s'en servir, ou la recette 'qui la prescrit. Ailleurs c'est le serpent d'Esculape enroulé autour d'un vase ou d'un bâton, etc.

Mais comme la thérapeutique et la pharmacie se touchent de fort près, on ne doit pas être surpris de voir les attributs de ces diverses professions se mêler ou se remplacer l'un l'autre. C'est ainsi que de pieuses femmes dont la vie s'était consacrée soit aux fonctions hospitalières, soit à visiter les martyre dans la prison pour panser leurs blessures, portent çà et là des vases de médicaments dont la forme n'est pas toujours très-caractérisée. Ailleurs un saint qui apparaît pour rendre la santé, tient en main un bocal ou une fiole du même genre pour indiquer la guérison qu'il opère. Aussi faut-il souvent que le spectateur aide l'artiste qui se trouvait réduit à des signes un peu vagues. Nous tâcherons donc d'indiquer certains emblèmes moyennant quoi l'on reconnaîtra l'intention des peintres et des sculpteurs dans un bon nombre de cas. Rappelons aussi qu'à titre de Docteurs, les saints regardés comme ayant exercé la médecine ont parfois reçu les insignes du doctorat universitaire.

Saint Raphaël archange (Cf. Anges, p. 35, et pi. annexée à la p. 33), dont le nom et l'histoire annoncent qu'il est secourable aux infirmités humaines, porte assez souvent quelque symbole de la profession médicale.

Certains artistes modernes (allemands surtout) ont imaginé de donner un bocal pharmaceutique au chœur des anges qui est appelé Vertus, par allusion un peu forcée à divers textes de l'Évangile (Luc. vi, 19 ; viii, 46; etc.)

Saint Luc, évangéliste; 18 octobre, fin du i" siècle. Un mot de saint Paul * nous le montre comme médecin avec

1. Bulletlino di archeologia ciisliana, t!<(i3, p. 31. Cf. Mélanges d'Archéologie, etc.; t. I; p. tiO'2, sv.; et pi. xxi, C, F, etc.

•2. Coloss. IV, 1i : « Lucas medicus carissimus. » Saint l'aiilin de Noie le qualifie de bis medicus Lucas, parce ([ne les âmes (éprouvèrent son secours non moins (me les corps. Le Bréviaire liispano-gotliique semble avoir voulu paraphraser cette expression, dans l'hymne du

saint :

n Pauli nam apostoli Medicus sistit cœleitis

Spiritui vel ccrpori.

Hic civis antiochenus Lucas, arte medicus; Rursus et alumnus, doctor Gregis; nam sermontbus, Atris dédit sospitatem ^fembris et spiritibus. »

Cf. M. SS. Oclobr., t. VllI, p. 284, sq.

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