‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 184 sur 589 · MONSTRANCE. — MONSTRES · texte numérisé non relu

MONSTRANCE. — MONSTRES

j'aie laissé croire que sainte Claire pouvait être peinte de la sorte. Voici le fait : la servante de Dieu occupait un petit couvent qui, pendant les guerres de l'empereur Frédéric II, se trouvait exposé aux insultes des Sarrasins employés par ce prince. La ville d' Assise, attaquée par

ces bandits, ne pouvait être prise sans que les Clarisses fussent les premières livrées à la fureur des infidèles qui servaient l'empereur allemand contre le pape. Claire déjà cassée de vieillesse, se fit porter sur le rempart voisin de son monastère, pendant que l'assaut se donnait à la ville; précédée du saint Sacrement, elle priait, disant avec le Psalmiste (Ps. lxxui, 19) : « Ne livrez pas aux bêtes. Seigneur, les cœurs qui se confient en vous, d 1^ résultat fui que les assiégeants abandonnèrent la place, frappés d'aveuglement, dit-on; mais en tout cas, renonçant à leur entreprise.

Saisie Julienne, religieuse cistercienne de Cormllon près Liège (Cf. Croissant, p. 277). La grande part qu'elle prit à l'institution de la fête du saint Sacrement l'a fait

i. Cttlendar. benedicl., 5 spril.

2. I»uvain, ch*l l'auleur, IS3i,in-8». — Je rrois que cet auteur a

souvent peindre agenouillée devant un ostensoir'. Nous en avons sudisamment parlé ailleurs, et nous pourrions bien nous en tenir à ce qui a été dit précédemment; mais il est intervenu dans ces dernières années un opuscule aussi malhonnête que maladroit, où la Belgique semble rejeter ce souvenir. M. A. G. B. Schayes, prenant le titre d'Essai historique sur les usages... des Belges anciens et modernes-, y copie des textes triés avant lui par des luthériens (Mosheim, Gieseler, etc.; si tant est qu'il ait consulté plus de deux ou trois ouvrages). Là (p. 130, sv.) il traite d'absurdité ou de fanatisme les rêveries qui occasionnèrent l'institution de la fête du saint Sacrement au xiv» siècle dans toute l'Église latine. Cela est si pauvre d'érudition et de logique, qu'il doit suffire de l'avoir indiqué ; mais encore peut-il être bon de faire voir que l'on n'ignore pas ces impertinences subalternes proférées avec des airs capables.

Sainte Catheiune de Suî;de (Cf. Cer[, p. 189). On l'a représentée quelquefois dans son lit, visitée par un prêtre qui porte l'Eucharistie; parce que dans sa dernière maladie, ne pouvant recevoir le viatique à cause de ses maux d'estomac, elle demanda de pouvoir au moins adorer Notre-Seigneur dans son Sacrement.

On pourrait citer quelques autres saintes qui reçoivent parfois le même attribut, mais je ne regarde pas cette caractéristique comme suflisamment fondée en raison dans bien des cas. Telle est par exemple, sainte Françoise ROMAINE (Cf. Ange, p. ii), dont la vie ne paraît pas prêter à l'emploi bien explicable d'un tel signe. l"n divers cas, il semble que la monstrance aura pris la place d'une petite église dans la main de quelques saints docteurs , papes illustres, etc.; comme saint Jean Chrysostome, saint Damase, saint Silvestre et autres, dans le calendrier publié à Anvers en 1590 (in-folio) par Henricus Cocus. Diverses autres estampes qui pouvaient absolument être rappelées sous le titre que nous allons clore, appartiennent tout aussi bien aux articles intitulés Calice, Eucharistie, Hostie, etc. On peut donc les y chercher, s'ils n'ont pas trouvé place ici.

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