PEIGNE
S'il était question d'ongles de fer, nous n'aurions pas à revenir sur ce sujet qui a déjà trouvé sa place au mot Carde. 11 ne s'agit dans ce moment que du peigne dans son acception la plus vulgaire.
J'ai dit en d'autres endroits, que les patronages faisaient donner à plus d'un saint diverses caractéristiques inattendues. Pour les deux saints Côme et Damien (Cf. Bocal, p. 137, etc.) des ciseaux s'expliqueraient absolument comme faisant partie de la trousse chirurgicale. Mais que dire si à ces ciseaux s'adjoignent peigne et rasoir? comme dans ce plomb publié par M. A. Forgeais».
a.ssaillie par les bêtes fauves ; à ses pieds tombent un peigne et une sorte de baquet (ou seillon) dont le con-
C'est que les barbiers-chirurgiens (saigneurs, pédicures, etc.) cumulaient jadis l'usage de la lancette avec celui du rasoir ou des ciseaux, se ralliant ainsi à la faculté de médecine par une certaine pratique de la petite chirurgie.
Le B^ Pierhe de Sienne, du tiers ordre de Saint-Fran- (;ois; li décembre, 1289. Il était peignier de son état (fabricant de peignes); et son culte, ancien dans sa ville natale, a été reconnu valable par le Saint-Siège*.
Sainte Véiiène vierge, morte près de Soleure(Cf. Cruche, p. 302, sv.). Je donne ici (à la colonne de droite) d'après les Bollandistes', le tombeau qui la présente sous une grille aux habitants de Zurzach.
Sa statue y tient en main le vase d'eau quasi sphérique que plusieurs de nos provinces appellent buire, et un peigne. C'est pour rappeler les soins que la sainte prenait des pauvres, et particulièrement des petits enfants malades*.
Sainte Radegonde. On pourrait croire, en voyant ce nom, qu'il s'agit de la reine de France honorée surtout à Poitiers (Cf. Croix à la main, Apparitions de Xolre-Sei- (jneur) ; et de fait, nous savons qu'elle s'employait volontiers à servir les malades les plus rebutants. Mais on ne voit pas que ce côté de ses vertus ait particulièrement attiré l'attention des artistes. Je parle cette fois de SAINTE Radiana (ou Radeguiidis) dont il a été question sous le titre Loup (p. 532). A cet endroit, on peut revoir la médaille qui montre cette sainte à l'instant où elle est
tenu s'épanche à terre. C'est une indication des secours qu'elle portait aux malheureux.
PEINTRES ET SIGNES DE CETTE PROFESSION (Palette et pinceaux, chevalet, tableaux).
Saint Luc évangéliste, 18 octobre. Qu'il fût médecin, cela repose sur quelques paroles du Nouveau Testament ''; quant à la profession de peintre qui lui est généralement attribuée, il n'est pas aussi facile d'en indiquer les fondements historiques. Dominique Manni*, qui partagea beaucoup l'hostilité de son siècle contre les vieilles traditions populaires, crut avoir fait merveille en déclarant que cette réputation de saint Luc avait pour toute origine un certain Luca Santo peintre de Florence au xii" siècle. Cela fit grand plaisir aux Toscans joséphistes, ainsi qu'à plusieurs savants de la classe qu'un écrivain espagnol du siècle passé qualifiait d'eruditos a laviolela; et quelques-uns parlent encore de cette assertion, comme de chose jugée. Mais s'il n'y avait pas mieux à dire,
1. Plombs historiés trouvés dans la Seine, t. V (1800, Numismatique populaire), p. 151.
•1. tlagiolog. Italie., t. Il, p. 327. — Etc.