PEINTRES
comment les Grecs auraient-ils donné à leur Mega-Spi- Ixon (en Morée) le nom de Couvent de la miraculeuse image de Marie peinte par l'apôtre saint Luc*? Lanzi du moins comprit que pour atteindre une explication plus admissible, il fallait recourir à un autre saint Luc ermite grec'. Nous voyons dès le ix« siècle, que les chrétiens opposaient aux iconoclastes le souvenir du portrait de la Mère de Dieu peint par saint Luc, et de la Véronique.
Quoi qu'il en soit, et sans vouloir faire ici montre d'érudition, disons que saint Luc n'est pas cité comme peintre dans les premiers siècles de l'Église; et que la mention du portrait de Notre-Dame par cet évangéliste ne parait guère avant le vi' siècle'. Mais dès-lors il commence à en être parlé; ce qui est loin du compte si simple, établi pour Florence par D. Manni à la grande joie et félicitation des Toscans contemporains. Les images qu'on attribue à l'évangéliste sont aujourd'hui un peu plus nombreuses que ne le voudrait croire chacune des villes qui se vantent de posséder l'original (ou la répétition de l'auteur) *. Outre l'hypothèse de Lanzi , bien plus raisonnable que l'autre, il semble que saint Luc aura passé pour avoir peint la sainte Vierge de son vivant, parce que nul plus que lui ne donne de détails circonstanciés sur la vie intérieure de Nazareth et de la sainte Famille', ou sur les pensées et les sentiments du Verbe divin pendant sa vie mortelle '. C'est ce qui l'a fait regarder comme le secrétaire de la Mère de Dieu. Après avoir représenté cet évangéliste comme écrivant sous la dictée de Marie, les artistes du moyen âge se sont trouvés conduits assez naturellement à nous le montrer peignant sur la toile les traits de celle qu'il avait retracée mieux que tout autre dans son récit. La renommée de portraits dus à son pinceau autorisait trèspassablement cette petite sc'^ne qui se voit dans beaucoup de miniatures.
Voici (à droite) comment les maîtres allemands de la fin du xv" siècle, ont retracé notre évangéliste dans la Chronique de Nuremberg.
J'aime à croire que pour le patron des artistes ils se .seront piqués d'honneur, et que c'était là décidément leur dernier mot sur un atelier de peintre à cette époque. Ils étaient du reste guidés par l'usage contemporain, et c'est pourquoi j'ai fait plusieurs emprunts à leur œuvre naïve.
Saint Lazare moine à Constantinople. Cf. Mains coupées ou torturées, p. 537.
S-AiNT MÉTHODE apôtre des Slaves. Cf. Groupes (deux à deux, p. /i55). A lui, ou à son frère saint Cyrille (de Thessalonique, dit aussi Constantin le philosophe), on attribue la conversion du roi des Bulgares (Bochoris ou Boris) au moyen d'un tableau du jugement dernier. Le prince, dit-on, fut si frappé de cette peinture et des explications données par le moine grec, qu'il voulut être baptisé. A vrai dire, les travaux des deux frères paraissent surtout avoir été fructueux chez les Khozares et en Moravie. Mais on a souvent représenté l'un ou l'autre tenant le tableau en question '.
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Sainte Catherine de Bologne Clarisse (Cf. Apparitions de l'enfant Jésus, p. 58). Ejle peignait habilement, au moins la miniature; et l'Académie de peinture à Bo logne l'a pris pour patronne.
i. Cf. S'olicet.... des manuKrits, t. VIII, ii* partie, p. 26. Il se pourrait dire à cela qu'un juif ne devait guère être exercé en peinture de portraits. Mais qui prouvera que saint Luc fût certainement juif? Cf. AA. SS. Octobr., t. VIII, p. 283, sqq.; et 296-298.