‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 345 sur 589 · PERSONNAGES FOULÉS AUX PIEDS · texte numérisé non relu

PERSONNAGES FOULÉS AUX PIEDS

être Charles Martel dont elle repoussa les sollicitations, quoiqu'il y mît tant de rudesse que la vierge consacrée à Dieu ne s'en tira pas sans un bras cassé ou démis'. La réputation des Carlovingiens était si bien établie en fait de galanterie un peu brusque, ou bien Charlemagne a tellement concentré en lui seul toutes les bonnes ou mauvaises qualités de sa race (aux yeux des écrivains postérieurs), que cette façon de faire la cour à sainte Amalbei^ a été mise sur le compte de ce grand homme. Avec la même historiette, se trouve aussi mêlée une chasse d'ours qui paraît bien être due à Charles Martel-, et que l'on a également fait entrer dans la légende poétique de Charlemagne. Je ne saurais affirmer si cet ours n'est pas le même encore qui, poursuivi par Charlemagne, se réfugia sous la châsse de sainte Gudule (à Moorsel près de la Dendre), montrant toutes sortes de prévenances pour les religieuses de l'abbaye, afin qu'on ne le tirât pas de son asile'; et qui demeura jusqu'à sa mort un des habitués du couvent. Ajoutons qu'il pourrait bien aussi être apparenté avec le célèbre lion de Pépin le Bref.

La Suède catholique aimait à peindre l'évêque martyr SAINT Hes'bi d'Abo (ou d' Upsal) foulant aux pieds le paganisme finlandais sous la forme de l'idolâtre qui tua l'homme de Dieu à coups de hache. 11 peut être utile de savoir à ce sujet que la Finlande païenne avait une grande réputation de sorcellerie noire; en sorte que certaines lois suédoises interdisaient sévèrement toute traversée de la mer Baltique qui pouvait avoir pour but d'aller s'initier aux secrets magiques des Finnois ou des Lapons.

Au portail méridional de Chartres, ce semble être saint Ambroise qui a sous ses pieds un roi ; et ce prince est apparemment le grand Théodose. Mais l'empereur y est plutôt suppliant que précisément écrasé. On voit que c'est une humiliation dont il n'aura pas à se plaindre. De cette sorte, la vigueur du grand évêque et le repentir généreux du pénitent sont également exprimés par le sculpteur'.

Pour qu'on ne demeure pas sans quelque indice palpable d'un attribut si cher aux anciens sculpteurs de

nos cathédrales, montrons au moins saint Augustin d'Hippone terrassant Aristote, d'après un tableau italien

du XV* siècle qui appartient au musée Napoléon 111'

1 . Cf. AA. SS. Jtit., t. m, p. 80, 89 93-95 ; 99, sq.; 73, sqq. — Ph. Mouskes, Chronique, v. 4IÏÎ, svv. (t. 1, p. 167, sv.).

2. AA. SS. Jul., t. lU, p. 94. — Cf. Mouskes, ibid., v. 4082, svv. (t. I, p. 105, svv.).

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