‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 374 sur 589 · POSSÉDÉS · texte numérisé non relu

POSSÉDÉS

prélat'. On l'a représenté parfois avec son frère saint Cyon prêtre, et son neveu saint Elpidils diacre. Les corps de ces trois saints sont honorés à Salerne.

Saint Mélaine , évêque de Rennes; 6 novembre, ou 6 janvier, 530. On lui attribue, entre autres miracles (avant son épiscopat), la délivrance d'un obsédé qu'il remit dans son état naturel par un soufUet-; sans parler d'autres rencontres diaboliques racontées par ses biographes armoricains. Ajoutons, entre autres saints bretons , SAINT Aubin évêque d'Angers ' , saint Paterne évêque de Vannes*, saint Hervé', saint Samson évêque de Dol * , saint Martin de Vertou ''.

Saint Mathuiun (ou Mathelin) prêtre , considéré comme apôtre du Gàtinais;! novembre, v.388. Selon sa légende populaire, il aurait été appelé à Rome pa^■ un empereur nommé Maximien (a-t-on voulu dire la ville de Trêves, et le tyran Maxime?) pour exorciser la fille du prince. C'est

ce qui l'a fait habituellement représenter bénissant une femme, tandis que le diable s'échappe par la bouche ou par le crâne de la patiente*.

Aussi suis-je bien aise de pouvoir donner une autre enseigne populaire où, pour tronqué que soit le plomb retrouvé après quelques siècles, il est aisé de reconnaître la petite coulée de métal qui se rattachait au diablotin délogé de la cervelle féminine par le thaumaturge.

C'était surtout à Larchant près de Nemours que saint Mathurin fut longtemps honoré avec le plus d'éclat. On l'y invoquait non-seulement pour les démoniaques ou aliénés furieux, mais surtout jwur les méchantes femmes, en mémoire de la princesse Maximienne qui avait eu le

diable au corps, jusqu'à l'intervention bienfaisante du serviteur de Dieu. Cette réputation d'efTicacité en pareil cas, avait suivi les reliques du saint eu divers lieux qui

en possédaient quelque portion. Aussi raconte-l-on (|u'ii Mandeville près d'Elbeuf, un évêque d'Évreux, visitant l'église de Notre-Dame, demanda au prieur ce que voi:lait dire le diable expulsé do la tête d'une femme. Après avoir entendu expliquer cette dévotion locale et son origine, il repartit : « Monsieur, si votre saint était mieux connu, votre prieuré vous rapporterait plus que ne me fait mon évêclié. »

Saint Frobert abbé (Cf. Femme, p. 408), chassant les démons, parce que plusieurs possédés furent guéris pinson entremise; on raconte en outre que, dès sou enfance, il mit souvent en fuite le tentateur qui chercliail à rcfl'rayer ".

Saint Cyriaque diacre (Cf. Dragon , p. 320). Celui-ci , par suite d'un récit fort semblable aux précédents, est souvent représenté à peu près comme saint Mathurin '".

Saint Albert de Sicile, carme (Cf. Femmes, p. /|08; vir.), délivrant une jeune fille possédée ".

Saint Théodore Trichinas (c'est-à-dire au rude cilicr), solitaire (Cf. Ermiles, p. 381 ). Pour exprimer le grand

1. Ilagiolog. ilalic, t. I,p. 310.— Braiitii Mavtyrolog. poeticum :

« Daîmonas KIpitlius visu, iiorbosquo fugavit; Da^munibus ciiju» cellula terror erat. i.

2. Cf. Vies des Saints dt la Bretagne, p. 683, sv. Cf. ibiiL, p. CXC — I,ol)in«>au, Viesdes .SS. d» Bretagne (I83ti), t. I, p. 123, sv.

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